DOR AME
Enoutez-moi.
SAINT-AMANT
Si jamais je m'oblige A revoir voire fiîle
Écoutez-moi , vous dis-je.
Comme vous je pris fenjine , et fus gendre autrefois.
Tout ce qui peut re'duiie un esprit aux abois ,
Tout ce qu'iui mari craint , se trouva dans ma femme.
Elle.... Elle est au tombeau, Dieu veuille avoir son ame!
Je criai, j'y voulus renoncer comme vous.
Mon beau-père , honnête homme , esprit commode et doux ,
Me donna , pour calmer ma fureur violente ,
Un bon contrat, valant deux mille ecus de rente,
Que jadis son beau-père , en pareilles doulem-s ,
Lui mit entre les mains. Je cessai mes clameurs.
Mon gendre , le voilà. Je vous remets ce gage :
11 peut dans la famille être d'un bon usage.
Vous avez une fille : elle a tout votre soin ;
Si vous la mariez , vous en aurez besoin.
Croyez-moi , comme nous ayez de la prudence.
Tout ceci , grâce au ciel, s'est fait dans le silence :
Il est certain secret fâcheux à révéler ;
Et fjui de rien ne sait, de rien ne peut parler.
SAINT-AMANT, reg.Trdant le contrat.
Ecueil de tout le monde ! or, quelle est ta puissance !
Il faut , mon gendre , il faut tous prendre patience. Bc'uc >up d'honnêtes gens sont dans le même cas , Qu'on r.e console point avec de bons contrats : Reprenez la douceur, c'est la plus belle voie.