‹ ThéâtreChapitre 214 sur 220 · PH0E5IX · texte numérisé non relu

PH0E5IX

Il le doit : la grandeur consiste à pardonner ; Jamais ce sentiment n'a de gloire flétrie. Je ne vous voulois point alléguer la patrie. Me flattant d'un crédit que je devrois avoir. Et voulant sur votre ame éprouver mon pouvoir; Je dédaignois aussi les adresses d'Uljsse. Honteux qu il nous fallût employer l'artifice , Sans ce secours les Grecs vous parlent par ma voix : « Nous venons, disent-ils, implorer vos exploits, c( Seigneur; ils nous sont dus, et nos propres exemples i> Ont accru la valeiu qui vous promet des temples. »

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ACHILLE

Je ue dois qu'à vous seul. En vain devant les yeus Ou me met du public l'iiitéiét spécieux : Comme si Sparte étoit la Grèce toute entière ! Les lieux où Me'nélas a reçu la lumière , Ceux encore où l'on voit ces frères obéis, Ont eu part à l'outrage , et non point mon pays. Cepe-idant, j'accourus pour eux à cette guerre ; Pour eux Je vins cliercLer la mort en cette terre. Je n'avois nul sujet de liaïr les Troyens : Paris m'a-t-il ravi mes amours, ni mes biens? Agamemnon l'a fait; c'est Argos, c'est Mycène Qui devroient ressentir les effets de ma liaine. Laissons-les : leur monarque est eucor trop heureu.v Que je n'appoite ici nul obstacle h ses vœux. .

A l'entour de ces murs je vous laisse combattre : Les dieux les ont bâtis , nous voulons les abattre.

PHCENIX.

Ces mêmes dieux les ont à périr condamnés. Et puis , cette raison qu'à tort vous me donnez, S'il faut vous en parler sans que l'on dissimule , Dans le cœur des humains jette peu de scrupule. Enfin , quand ces raisons ne vous pourroient toucher, Songez au long repos qu'on peut vous reprocher. Lorsque' chacun de nous à l'envi se signale, Que les soldats ont même une ardeur sans égale, Achille est dans sa tente, et donne à Briséis Les momenis qu'il devroit donner h son pays.

Pliœnix , je vous arrête : on sait quel est Achille. Q«'il aime , et qu'en sa tente il demeure tranquille ,

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