ACTE I II, scÈ>"E yr
SCÈ?SE YI.
PARME NON, demeurant seul.
Ceci pour notre eunuque assez bien se prépare.
Pendant qu'ils dîneront , il faut qu'il se déclare ,
Prenne l'occasion , et ne perde un moment
A pousser des soupirs , et languir vainement.
Kon que parlant d'amoiu" il rencontre œuvre faite :
Alors qu'on en vient là , toutes ont leur défaite :
Tel souvent en a peu qui croit en avoir tout ,
Et même va bien loin sans aller jusqu au bout.
Que Pampbile d'ailleurs volontiers ne l'écoute ,
Toute sage qu elle est , je n'en fais point de doute ;
C'est le propre du sexe, il veut être flatté,
Et se plaît aux effets que produit sa beauté.
Puis notre homme a de quoi charmer la plus sévère:
Il est jeune , il est beau , toujours prêt à tout faire ;
En dit plus qu'on ne veut, sait bien le débiter,
Est d'humeiu- libérale , et donne sans compter.
Si par ces qualités d abord il ne la touche .
Le temps, qui peut gagner l'esprit le plus tirouche,
Ne lui permettra pas d'y faire un long effort ,
Et ce ppu de loisir m'embarrasse très fort.
•le crains notre vieillard qu'on attend d heure eu } eure :
Il n a jamais aux champs fait si longue demeure ;
Quelque charme puissant l'y retient arrêté;
S'il revient une ftis, le mystère est gâté.
O dieux ! c est fait de nous , le voici qui s'avance :
Je ne sais quel frisson m'annonçoit sa prcéf nce.
Parmenon , cependant que tout seul il discourt,
\ a te précipiter, ce sera ton plus court.
Tu pourrois toutefois choisir une autre voie. Le vieillard est plus doux qu'il ne veut qu'on le croie : L'amour pour ses enfants , qu il laisse à l'abandon , Fait qu'il me reste encor quelque espoir de pardon ; Usons à cet abord d'un peu de complaisance.
SCÈrsE Y II.
J E me plaignois, monsieur, de votre longue absence.
En ma maison des champs je trouve un goût exquis , Et ne fis jamais mieux qu'alors que je l'acquis.
Soplirone et vos enfants sont d'avis tout contraire.
Les voir changer d'humeur n'est pas ce que jespcre : Bien loin de se réduire nu champêtre séjour , Ma femme aime à causer ; mon aîné fait l'amour.
PARMENOS.
Cette façon d'agir plairoit à peu de pères ;
Quand il s'agit d'amoiurs , presque tous sont sévères :
A cet âge impuissant lorsqu'ils sont arrivés ,
Ils donnent des conseils qu ils n'ont point observés.
DAMIS
Quant à mol , je me rends plus juste et plus commode : Kon qu'il faille en tout point que l'on vive à sa mode : Mais aimer quelque peu ne fut jamais blâmé , El moi-même autrefois je m'en suis escrimé. Il est vrai que le gaiu n'en vaut pas la dépense ; Aux un» il faut présent , aux autres récompense ,