P A M P H I LE
Que me demandez- vous ?
CHÉRÉE.
Poiu- m élever aux cîeui ■ Il ne faut qu'un aveu de la bouche ou des yeux.
Eh bien , je vous l'accorde ; est-ce assez vous complaire ?
CHÉREE.
Je partirai content après un tel salaire ;
Cependant joiudrez-vous vos voeux à mon transport?
PAMPHILE
Qu'il ne tienne à cela que tout n'aille à bon port 1
CHÉnÉE, baisant la main ilc Pamphile.
Que je jure eu vos mains une amour éternelle.
PAMPHILE
Je trouve du serment la mode un peu nouvelle.
CHÉRÉE.
Ke blâmez point l'excès où mon zèle est tomJx;'.
PAMPHILE
Il liil faut bien donner ce qu'il m'a dérobé.
CHÉRÉE.
Ah dieux ! quelle douceur où mon ame se noie ! Soulagé du tourment, je me meurs de la joie; Au prix de vos baisers tout me semble commun : Pamphile, seulement eucor la moitié d'un.
PAMPHILE
Vous en pourriez mourir, et j'aime votre vie.
CHÉRÉE.
L'îiymen saura bientôt en combler mou envie^ Pour un que vous m'avez aujomd'hui retenu.
PAMPHILE
Aussi n'en meurt-on plus quand ce temps est venu.
CHÉRÉE.
Si jamais envers vous je change de pensée, Me punissent les dieux d'une mort avancée.
PAMPHILE
Vous promettez beaucoup.
CHÉRÉE.
Je ferai beaucoup \>\u<.
Sans employer le temps en discours superflus , Je m'en vais de ce pas en parler à mon père : Dès demain vous saurez ce qu'il faut que j'espère; Et quand , par une humeur sévère ou d'intérêt , 11 auroit contre nous prononcé quelque arrêt. Nous pomrions passer outre , et fléchir son coiuage : Il sera fort aisé de calmer cet ora<rc.
Thaïs , si vous sortez , aura soupçon de moi.
CHÉRÉE.
Je reviendrai bientôt vous confirmer ma foi.