ACTE V , SCÈNE IV
Avec espoir du tout , mais après mon trépas. Quant à vous étaler tous ses autres appas , Je ne m'en mêle point; c'est à ceux qui l'ont vue.
PHÉDRIE.
Chacun sait la beauté dont Pampliile est pourvue.
CHÉnÉE.
Qui la possédera , doit s'estimer heureux.
PAnMENOS, à Damls.
Vous-même en deviendrez , je le gage , amoureux ; On ne s'en peut sauver, et fût-on tout de glace. J'estime sa beauté, mais j'admire sa grâce.
CHUE MES, à Damis.
Vous n'en sauriez juger si vous ne la voyez ; Aussi-bien faudra-t-il prouver cette aventure , Quoique mon bien promis assez vous en assure. Si ce n'étoit ma sœur, voudrois-je la doter? Beaucoup d'autres raisons m'empêchent d en douter : L âge et le temps du rapt peuvent servir d'indice ; Ce qu'en dit mon valet , ce qu'en sait sa nourrice , Une marque en son bras , une autre sur son sein.
DAMIS
J'entre donc chez Thaïs, non pas pour ce dessein : Il sxi£St de savoir la beauté de Pamphile.
Vous éclaircir de tout ne peut être inutile.
Touchez-là , je ne veux autre éclaircissement.
Thaïs vous apprendra tout cet événement : Sans l'ardeur de son zèle envers notre faniiUe , Je n'aurois point de sœur, vous n'auriez point de fille
ga L'EUJNUQUE.
Pamphile doit au soin que les siens en ont eu Tout ce qu'elle a d'esprit , de grâce et de vertu. Enfin , chacun de nous étant son redevable , Pour moi de ce côté je me tiens insolvable : Ma sœur ne l'est pas moins, son amant l'est aussi; Jugez qui de nous tous doit prendre ce souci.
Mon aîné volontiers se cLargc de la dette.
CHREMES.
Que voulez- vous qu'il donne, ou du moins qu'il promette ? Car donner maintenant n'est pas en son pouvoir.
DAMIS
Ce sera, je m'en doute, à Damis d'y pourvoir : J'en suis content, Clirémès, et veux, sans répugnance, Marquer cet heureux jour d une double alliance. Ma joie et vos conseils, tout parle pour Thaïs ; Nous n'avons à gagner que le cœur de mon fils : K'appréheudez-Yous point l'effort qu'il faudra faire ?
CHRÊMES.
S'il s'est laissé gagner , il a su vous le taire ; Que pouvoit-il de plus que garder le respect ? Il se tait même encore , et tremble à votre aspect
Ses yeux parlent assez , si sa langue est muette , Et j'en tiens le silence une marque secrète. Que cet excès de joie avoit peine à sortir ! Je vais prier Thaïs d'y vouloir consentir. Pour épargner sa honte , attendez que j 'en sorte.
ACTEV, SCÊÎ(EV. 93
THRASON, GNATON, CHRÊMES, PHÉDRIE, CHÉRÉE, PARME]N"ON,SYRISCE, DO>AX, SANGA , SIMALION , et autres personnages muets.
CocBAGE , compagnons I commençons par la porte.
CHÉRÉE, bas à sa trniq.e.
Voici le capitan tout prêt de nous braver.
PHÉDRIE.
Lui de'couvrirons-nous ce qui vient d'aniver ?
CHREMES.
Il vaut mieux en tirer le plaisir qu'on peut prendre.
CHÉRÉE.
11 ne nous a pas vus, cachons-nous pour l'entendre.
Simalion , Donax , Syrisce , suivez-moi : Tu sauras ce que c'est d'avoir faussé ta foi , Déloyale Thaïs , et d'aùner un Phédrie.
Mais il nous manque ici de notre infanterie.
GNATOS.
Le reste suit de près ; les ferai-je avancer?
Tels coquins ne sont bons qu'à nous embarrasser.
J'en tiens pour votre bras le secours inutile.
Par les cheveux d'abord je veux prendre Pamphile.
Très bien.
THnAso:s.
Et puis après , lui donner mille coups.
GNAT0 5.
Ce sera fait, seigneur, fort vaillamment à vous.
Pour Thaïs, tu peux dire, autant vaut, qu'eUe est morte.
GN ATOS.
Dieux ! quel nombre d'exploits !
Rangeons cette cohorte.
Holà , Sigmalion ! voici votre quartier.
GN ATON
C'est-là ce qu'on appelle entendre le me'tier.
X H HA s ON.
Et toi , Sjrisce. . . .
s YIIISGE.
Au gros ?
T H n ASON.
Non , conduis l'aile droite.
GNATO;».
Je ne vois rien de tel qu'une vaillance adroite.
Donax , prends ce bélier , et marche avec le gros. Je ne vois point Sanga , vaillant parmi les brocs. Sanga?
s AKGA.
Que vous plaît-il ?.
THRASON
Tu manques de courage !
SANGA.
5e faut-il pas quelqu'un pour garder le bagage ?