SCÈNE I y
DAMIS, CHRÊMES, PHÉDRIE, CHÉRÉE, PARMENON.
Je reviens faire un tour :
Mon homme étoit absent, et j'attends son retour. Mais j'aperçois nos gens qui consultent ensemble.
Voilh , si ce n'est lui , quelqu'un qui lui ressemble.
DÂMIS.
Qu'a de commun Ctrémès avec leur entretien ? Ce n'étoit qu'un , jadis, de son père et du mien; Peut-être mes enfants lui content leur afi'aire,
CHÉRÉE, bas à ChrJmès.
Vite, car il s'approche.
CHREMES.
Allez , laissez-moi faire.
PARMENON, à Chfrée.
Ne sauriez- vous sans hâte attendre l'avenir? "Votre tête à l'éveut ne se peut contenir ; D'un ton plus sérieux tâchez de lui répondre ; Ne rinterrompez point, parlez sans vous confondre.
( i Cl.r,:m«. )
Vous , commencez le choc , et puis h notre tour ■yous nous verrez tous deux appuyer son amour.
DAMIS
Comment vous va , Chrcmis ?
CHRÊMES.
Mieux qu'es jov de ma vie.
Et vous ?
go L' E U N U Q U E.
De mille maux la vieillesse est suivie.
CHRÊMES.
Il se faut consoler , c'est un commun mallieur.
DAMIS
Dafflis a fait son temps, d'autres fassent le leur. Mais à propos , Ctrémès , quand serai-je de fête ? Pour rire à votre hymen dès long-temps je m'apprête : C'est une honte à vous d'être si vieux garçon , Et je veux que mes fils vous fassent la leçon. Quand voulez-vous quitter cette humeur solitaire ?
CHRÊMES.
Si je vous proposois une semblable affaire ?
DAMIS
Pour qui ? pour mon cadet ?
CHRÊMES.
C'est de lui qu'il s'agit
DAMIS
Je m'en suis bien douté , car même il en rougit.
CHRÊMES.
Je ne veux point priser un parti qui me touche ; Ses louanges , Damis , siéroient mal en ma bouche : Mais enfin l'alliance est assez à souffrir ; En un mot, c'est ma sœur que je vous vrens offrir.
Votre sœur ! vous rêvez : où l'auriez- vous trouvée ?
A l'âge de quatre ans elle fut enleve'e ; On vient de me la rendre , et Thaïs l'a chez soi. Afin que l'on ajoute à ceci plus de foi , Dès-lors que vous aurez achevé l'hyménée, La moitié de mes biens à ma sœur est donnée^