TIM AS TE
Quoi 1 . . .
MARINETTE
Ces poings puniront votre infâme pensée, Si vous restez.
Hortense est commise à tes soins ; Pour m'obliger, rends-lui ce billet, sans témoins.
HARPAGÊME, arrachant la lettre.
Ah ! ah 1 perturbateur du repos du ménage , Tu veux donc la séduire , et me faire un outrage !
T I M A ÎI T E , lépée à la main , en s'enfuyaot.-
Redonne-moi la lettre , ou ce fer que tu voi. . . <
HARPAGEME.
Barthélemi , Christophe , Ignace , Ambroise , à moi î
SCÈjN E III.
HARPAGÊME, AGATHE, MARINETTE.
MARINETTE
Comme il fuit !
nARPAGÈME.
Il fait bien ; car cette mienne épée Dans son infâme sang alloit être trempée. Mais de le voir ici me voilà tout outré. Comment est-il venu ? cornment est-il entré ?
BIARINETTE.
J'étois là-bas au frais quand je l'ai vu paroître : Je suis soudain rentrée, il m'a suivie en traître, Me disant qu'il vouloit m'enrichir pour toujours ; Que je prisse le soin de servir ses amours ; Et , faisant succéder les effets aux parole» ,
La Foatainc. Tbo-âtrc. I ;>
t\6 LE FLORENTIN.
Il m'a voulu couler dans la main cent pistolcs. Mais j'aurois moins souffert s'il avoit mis dedans. Ou des cailloux glacés , ou des charbons ardents. Je crève quand je pense aux offres insolentes. . . .
H A n P A C i M E , à Agathe.
Ah ! ma mère , voilà la perle des servantes ! . . .
(à Marlnettc. ) (à Agathe. )
Embrasse-moi , ma fille. . . . Auriez- vous cru cela ? Eh bien ! avec ces soins , ma mère , et ces clefs-lh , La garde d'une femme est-elle si terrible , Et croyez-vous encor cette chose impossible?
AGATHE
Mon fils, bouleverser l'ordre des éléments, Sur les flots irrités voguer contre les vents , Fixer selon ses vœux la volage fortune , Arrêter le soleil, aller prendre la lune; Tout cela se feroit beaucoup plus aisément Que soustraire une femme aux yeux de son amant . Dussicz-vous la garder avec un soin extrême, Ouand elle ne veut pas se garder elle-même,
11 n'est pas question d'aller contre les vents,
Ni de bouleverser l'ordre des éléments.
Mais de garder Tlortnnse ; et j'ai , pour y suffire ,
De bous raui'S, des vcnoux, et deux yeux : c'est tout dire.
AG A FHE.
Atns. loisque i'amocr .s'empare de deux cœurs. Pour rompre kvr commerce et vaincre leurs ardeurs. Employé» les secrets de l'art, de la nature, Faites faire une tour d une épaisse structure, Rendez ses fondements voisins des sombres lieux, tlcvez son sommet jusqu'aux voûtes des cieux ,
COMÉDIE. i47
Enfemicz l'uu des deux dans le plus haut étage, Uuà l'autre le plus bas devienne le pattiige, Dans l'espace entre deux , par diii'ércuts di-tours , Disposez plus d'Argus qu'un siccle n'a de jours, EmpiuDlcz des ressorts les plus cacbés obstacles ; Plus grands sont les revers, plus grands sont les luiracles : L'un pour descendre en bas osera tout tenter. L'autre aiguillonnera ses esprits pour monter. Sans s'être coucerte's pour une fin semblable , Tous deux travailleront d'un concert admirable. A leurs chants séducteurs Argus s'endormira ; Des vcrroiix , par leurs soins , le ressort se rompra ; De moment en moment enjambant l'intervalle Enfin ils feront tant, qu'au milieu du dédale Imperceptiblement ensemble ils se rendront , Et malgré vos efforts, mon fils, ils se joindront : C'est un coup sûr. Mon âge et mon expérience Doivent dans votre esprit inspirer ma science : Je sais ce qu'en vaut l'aune, et j ai passé par là. Votre père vouloit me contraindre à cela ; Mais, s'il n'eût mis un frein à cette ardeur trop prompte , Il se seroit trompé sûrement dans son compte. Mon fils.
HARPAGÉME.
Oli ! mieux que lui j ai calculé le mien. Je ne suis pas si sot. . . . Suffit. ... Je ne dis rieu. . . . Mais ouvrons le poulet du damoiseau Timante; Apprenons ses desseins , et voyons ce qu'il chante, (il m.} « Pour punir votre jaloux, je me suis rendu maiirc de <tla maison qui est voisine de la vôtre, où j'ai trouvé les ' moyens de me luire un passrge sous terre, qui me con-