ACTE I, SCÈNE V
C'est pourtant Apollon qui t'aime , qui t'adore. Je n'en puis plus, je sens un feu qui me dévore. Reviens , charmant objet. Et vous , Olympe , cieux , Je vous dis d éternels adieux ; Je vous méprise, je vous laisse ; Qu'êtes- vous près de ma déesse ?
Tout votre éclat vaut-il un seul trait de .«es yeux ? Ke la verrai-je plus ? Faut-il que cette belle Emporte mes plaisirs et mon cœur avec elle ? Demeurons sui' ces bords , je ne les puis laisser.
Passerons-nous pour dieux ?
Et pour qui donc passer ?
H o M TJ s.
Pour mortels ; car les dieux , par leur grandeur suprême . Ne font souvent qu'embarrasser ; On les craint plus qu'on ne les aime.
Les vrais amants doivent toujours, Sous un maître commun , vivre d't-gale sorte : Ou monarques ou dieux, n'entrez cliez vos amours Qu'après avoir laissé vos grandeurs à la porte.
APOLLON
Je te croirai ; changeons de nom : Je m'appelle Tharsis , satrape de Lycie. M o M L s.
Et moi , son suivant Télamon.
Que si sur mon chemin quelque nymphe jolie !?« rencontre en passant, je prétends bien aussi
La cajoler, m'approclcr d'elle ;
Non pas en amoureux transi ;
i83 DAPHNÉ.
Je vous veux servir de modèle.
En attendant , allons conquérir votre belle.