‹ ThéâtreChapitre 121 sur 213 · ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE · texte numérisé non relu

ATALIDE, ACOMAT, ZAÏRE

ACOMAT

Enfin nos amans sont d'accord, Madame. Un calme heureux nous remet dans le port. La sultane a laissé desarmer sa colère.

Elle ma déclaré sa volonté dernière; Et, tandis qu'elle montre au peuple épouvanté Du prophète divin l'étendart redouté.

Qu'à marcher sur mes pas Bajazet se dispose.

Je vais de ce signal faire entendre la cause, Remplir tous les esprits d'une juste terreur. Et proclamer enfin le nouvel empereur.

Cependant permettez que je vous renouvelle

Le souvenir du prix qu'on promit à mon zèle.

N'attendez point de moy ces doux emportemens, Tels que j'en vois paroistre au cœur de ces amans. Mais, si par d'autres soins plus dignes de mon âge, Par de profonds respects, par un long esclavage. Tel que nous le devons au sang de nos sultans. Je puis..

Atalide.

Vous m'en pourrez instruire avec le temps; Avec le temps aussi vous pourrez me connoistre. Mais quels sont ces transports qu'ils vous ont fait paroistre?

ACOMAT

Madame, doutez-vou^ des soupirs enflammez De deux jeunes amans l'un de l'autre charmez.

Atalide.

Non; mais, à dire vray, ce miracle m'étonne.

Et dit-on à quel prix Roxane luy pardonne?

L'épouse-t-il enfin ?

AcOMAT.

Madame, je le croy.

Voicy tout ce qui vient d'arriver devant moy.

Surpris, je l'avoûray, de leur fureur commune. Querellant les amans, l'amour et la fortune, J'estois de ce palais sorti désespéré.

Déjà sur un vaisseau, dans le port préparé, Chargeant de mon débris les reliques plus chères, Je méditois ma fuite aux terres étrangères.

Dans ce triste dessein, au palais rappelle.

Plein de joie et d'espoir, j'ay couru, j'ay volé. La porte du serrail à ma voix s'est ouverte, Et d'abord une esclave à mes yeux s'est offerte. Qui m'a conduit sans bruit dans un apartement

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