‹ ThéâtreChapitre 157 sur 213 · SCENE PREMIERE XIPHARÉS, ARBATE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE XIPHARÉS, ARBATE

XlPHARÉS.

ON nous faisoit, Arbate, un fîdelle rapport.

Rome en effet triomphe, et Mithridate est mort. Les Romains vers l*£uphrate ont attaqué mon père y Et trompé dans la nuit sa prudence ordinaire. Après un long combat tout son camp dispersé Dans la foule des morts en fuyant Ta laissé, Et j'ay sçû qu'un soldat dans les mains de Pompée RacUu, II. 3 c

Avec son diadème a remis son épée.

Ainsi ce roy, qui seul a, durant quarante ans, Lassé tout ce que Rome eût de chefs importans,^ £t qui, dans TOrient balançant la Fortune , Vengeoit de tous les rois la querelle commune. Meurt, et laisse après luy, ppur venger son trépas. Deux fils infortunez qui ne s'accordent pas.

Arbate.

Vous, Seigneur ! Quoy ! Tardeur de régner en sa place Rend déjà Xipharés ennemi de Pharnace ?

XlPHARÉS.

Non, je ne prétens point, cher Arbate, à ce prix D'un malheureux empire acheter le débris.

Je sçais en luy des ans respecter l'avantage ; £t , content des Estats marquez pour mon partage Je verray sans regret tomber entre ses mains Tout ce que luy promet l'amitié des Romains.

Arbate.

L'amitié des Romains? Le fils de Mithridate, Seigneur ? Est-il bien vray ?

Xipharés.

N'en doute point, Arbate, Pharnace, dés long-temps tout Romain dans le cœur,, Attend tout maintenant de Rome et du vainqueur. Et moy, plus que jamais à mon père fidelle.

Je conserve aux Romains une haine immortelle. Cependant et ma haine et ses prétentions Sont les moindres sujets de nos divisions.

Arbate.

Et quel autre interest contre luy vous anime ?

Xipharés.

Je m'en vais t'estonner. Cette belle Monime

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