‹ ThéâtreChapitre 160 sur 213 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MONIME, XIPHÂRÉS.

MONIME

Seigneur, je viens à vous. Car enfin aujourd'huy, Si vous m'abandonnez, quel sera mon appuy?

Sans parens, sans amis, désolée et craintive, Reine long-temps de nom, mais en effet captive. Et veuve maintenant sans avoir eu d'espoux.

Seigneur, de mes malheurs ce sont là les plus doux. Je tremble à vous nommer l'ennemi qui m'opprime. J'espère toutefois qu'un cœur si magnanime Ne sacrifiera point les pleurs des malheureux Aux înterests du sang qui vous unit tous deux. Vous devez à ces mots reconnoistre Pharnace.

C'est luy, Seigneur, c'est luy, dont la coupable audace Veut, la force à la main, m*attacher à son sort Par un hymen pour moy plus cruel que la mort. Sous quel astre ennemi faut-il que je sois née ! Au joug d'un autre hymen sans amour destinée^ A peine je suis libre, et goûte quelque paix.

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