SCENE III
MONIME, PHARNACE, XIPHARÉS.
Pharnâce.
Jusques à quand, Madame, attendrez-vous mon pere? Des témoins de sa mort viennent à tous momens Condamner vostre doute et vos retardemens.
Venez, fuyez l'aspect de ce climat sauvage.
Qui ne parle à vos yeux que d'un triste esclavage. Un peuple obéissant vous attend à genoux, Sous un ciel plus heureux et plus digne de vous. Le Pont vous reconnoist dés long-temps pour sa reine, Vous en portez encor la marque souveraine ; Et ce bandeau royal fut mis sur vostre front Comme un gage asseuré de l'empire de Pont.
Maistre de cet Estât que mon pere me laisse , Madame, c'est à moy d'accomplir sa promesse.
Mais il faut, croyez-moy, sans attendre plus tard. Ainsi que nostre hymen, presser nostre départ. Nos interests communs et mon cœur le demandent ; Prests à vous recevoir, mes vaisseaux vous attendent. Et du pié de l'autel vous y pouvez monter.
Souveraine des mers qui vous doivent porter.
MoNIME.
Seigneur, tant de bontez ont lieu de me confondre. Mais, puisquele temps presseetqu'ilfautvous répondre, Puis-je, laissant la feinte et les déguisemens, Vous découvrir icy mes secrets sentimens ?
Pharnâce. Vous pouvez tout.