‹ ThéâtreChapitre 171 sur 213 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

MITHRIDATE^ ARBATE.

MiTHRIDATE.

Enfin, après un an, tu me revois, Arbate, Non plus, comme autrefois, cet heureux Mithridate Qui, de Rome toujours balançant le destin, Tenois entre-elle et moy l'univers incertain. Je suis vaincu. Pompée a saisi l'avantage D'une nuit qui laissoit peu de place au courage. Mes soldats presque nuds dans l'ombre intimidez. Les rangs de toutes parts mal pris et mal gardez. Le desordre par tout redoublant les allarmes, Nous-mêmes contre nous tournant nos propres armes. Les cris que les rochers renvoyoient plus affreux. Enfin toute Thorreur d'un combat ténébreux :

Que pouvoit la valeur dans ce trouble funeste? Les uns sont morts, la fuite a sauvé tout le reste ; Et je ne doy la vie, en ce commun effroy, Qu'au bruit de mon trépas que je laisse après moy. Quelque temps inconnu, j'ay traversé le Phase»; Et, de là pénétrant jusqu'au pié du Caucase, Bien-tost, dans des vaisseaux sur l'Euxin préparez, J'ay rejoint de mon ^tiflïji les restes séparez. Voilà par quels malheurs poussé dans le Bosphore, J'y trouve des malheurs qui m'attendoient encore.

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