‹ ThéâtreChapitre 18 sur 213 · BERENICE, TITUS, PAULIN, PHENICE · texte numérisé non relu

BERENICE, TITUS, PAULIN, PHENICE

Bérénice.

Ne vous offensez pas si mon zèle indiscret De vostre solitude interrompt le secret.

Tandis qu'autour de moy vostre cour assemblée Retentit des bienfaits dont vous m'avez comblée. Est-il juste. Seigneur, que seule en ce moment Je demeure sans voix et sans ressentiment?

Mais, Seigneur (car je sçay que cet ami sincère Du secret de nos cœurs connoist tout le mystère), Vostre deuil est fini, rien n'arreste vos pas. Vous estes seul enfin, et ne me cherchez pas. J'entens que vous m'offrez un nouveau diadème. Et ne puis cependant vous entendre vous-même. Helas! plus de repos. Seigneur, et moins d'éclat. Vostre amour ne peut-il paroistre qu'au sénat ? Ah ! Titus ! car enfin l'amour fuit la contrainte De tous ces noms que suit le respect et la crainte, De quel soin vostre amour va-t-il s'importuner? N'a-t-il que des Estats qu'il me puisse donner? Depuis quand croyez- vous que ma grandeur me touche ? Un soupir, un regard, un mot de vostre bouche.

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