‹ ThéâtreChapitre 191 sur 213 · SCENE • PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE • PREMIERE

MONIME, PHŒDIME.

MONIME

PHŒDIME, au nom des dieux, fai ce que je désire. Va voir ce qui se passe, et reviens me le dire. Je ne sçay, mais mon cœur ne se peut rassurer. Mille soupçons affreux viennent me déchirer.

Que tarde Xipharés? Et d'où vient qu'il diffère A seconder des vœux qu'authorise son père ?

Son père en me quittant me l'alloit envoïer.

Mais il feignoit peut-estre, il falloit tout nier. Le roy feignoit? Et moy, découvrant ma pensée... O dieux ! en ce péril m'auriez-vous délaissée ? Et se pourroit-il bien qu'à son ressentiment Mon amour indiscret eût livré mon amant?

Quoy, Prince ! quand, tout plein de ton amour extrême. Pour sçavoir mon secret tu me pressois toy-même, Mes refus trop cruels vingt fois te l'ont caché; Je t'ay même puni de l'avoir arraché; Et quand de toy peut-estre un père se défie, Que dis-je? quand peut-estre il y va de ta vie.

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