‹ ThéâtreChapitre 192 sur 213 · ACTE IV, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCENE I

Je parle, et, trop facile à me laisser tromper, ;

Je luj marque le cœur où sa main doit frapper ! ^""^^

Phœdime.

Ah ! traitez-le, Madame, avec plus de justice. Un grand roy descend-il jusqu'à cet artifice ? A prendre ce détour qui l'auroit pu forcer?

Sans murmure à Tautel vous l'alliez devancer. Vouloit-il perdre un fils qu'il aime avec tendresse ? Jusqu'icy les effets secondent sa promesse.

Madame, il vous disoit qu'un important dessein Malgré luy le forçoit à vous quitter demain.

Ce seul dessein l'occupe, et, hastant son voyage, Luy-mesme ordonne tout, présent sur le rivage. Ses vaisseaux en tous lieux se chargent de soldats. Et par tout Xipharés accompagne ses pas.

D'un rival en fureur est-ce là la conduite ?

Et voit-on ses discours démentis par la suite ?

MONIME

Pharnace cependant, par son ordre arresté.

Trouve en luy d'un rival toute la dureté.

Phœdime, à Xipharés fera-t-il plus de grâce ?

Phœdime.

C'est Tamy des Romains qu'il punit en Pharnace, L'amour a peu de part à ses justes soupçons.

MONIME

Autant que je le puis je cède à tes. raisons. Elles calment un peu l'ennuy qui me dévore.

Mais pourtant Xipharés ne paroist point encore.

Phœdime.

Vaine erreur des amans , qui , pleins de leurs désirs, Voudroient que tout cédât au soin de leurs plaisirs ; Qui, prests à s'irriter contre le moindre obstacle... Racine. II. 37

MONIME

Ma Pbœdime, et qui peut concevoir ce miracle ? Après deux ans d'ennuis, dont tu sçais tout le poids^ Quoy ! je puis respirer pour la première fois ? Quoj, cher Prince ! avec toy je me verrois unie ? Et, loin que ma tendresse eust exposé ta vie, Tu verrois ton devoir, je verrois ma vertu, Approuver un amour si long-temps combattu ?

Je pourrois tous les jours t' assurer que je t'aime ? Que ne viens-tu?...

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