‹ ThéâtreChapitre 194 sur 213 · ACTE IV. SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE IV. SCENE II

Maintenant dans nos cœurs sçait tout ce qui je passe.

Il feint, il me caresse, et cache son dessek.

Mais moy, qui, dés Penfance élevé daw mm «em^

De tous ses mouvemens ay trop d*intelli^fe»oc,

J*ay lu dans ses regards sa prochaine vcagc«nœ.

Il presse, il fait partir tous ceux dont m&L snalheiif

Pourroit à la révolte exciter la douleur.

De ses fausses bontez j'ay connu la contradnte.

Un mot mesme d'Arbate a confirmé ma crainte.

Il a sçû m'aborder, et, les larmes aux yeuK :

(( On sçait tout, m'a-t-il dit, sauvez-vous de œs'iien». •

Ce mot m'a fait frémir du péril de ma rei*E,

Et ce cher interest est le seul qui m'ameine.

Je vous crains pour vous-mesme, et je viens à^enooK

Vous prier, ma Princesse, et vous fléchir pour wmi&.

Vous dépendez icy d'une main violente,

Que le sang le plus cher rarement épauvasnte, ^^

Et je n'ose vous dire à quelle cruauté

Mithridate jaloux s'est souvent emporté.

Peut-estre c'est moy seul que sa fureur menace.

Peut-estre en me perdant il veut vous faire grâce.

Daignez, au nom des dieux, daignez en prarfitar.

Par de nouveaux refus n'allez point l'irriter-

Moins vous l'aimez, et plus tâchez de luy conophure.

Feignez. Efforcez-vous. Songez qu'il est mon père.

Vivez, et permettez que, dans tous mes maHieure,

Je puisse à vostre amour ne couster que des pleurs,

MOMIME.

Ah ! je vous ay perdu !

XlPHARés.

Généreuse Monnne, Ne vous imputez point le malheur qui m'opprime.

t9a MITHRIDATE

Vostre seule bonté n'est point ce qui me nuit. Je suis un malheureux que le destin poursuit. C'est luy qui m'a ravi l'amitié de mon père, Qui le fit mon rival, qui révolta ma mère.

Et vient de susciter, dans ce moment affreux, Un secret ennemj pour nous trahir tous deux.

MONIME

Hé quoy ! cet ennemy, vous l'ignorez encore ?

XlPHARÉS.

Pour surcroit de douleur. Madame, je l'ignore. Heureux si je pouvois, avant que m'immoler.

Percer le traître cœur qui m'a pu déceler !

MONIME

Hé bien , Seigneur, il faut vous le faire connaistre. Ne cherchez point ailleurs cet ennemy, ce traistre. Frappez. Aucun respect ne vous doit retenir.

J'ay tout fait. Et c'est moy que vous devez punir.

XipharÎs.

Vous!

MoNIME.

Ah ! si vous sçaviez. Prince, avec quelle adresse Le cruel est venu surprendre ma tendresse !

Quelle amitié sincère il affectoit pour vous ! Content s'il vous voyoit devenir mon espoux.

Qui n'auroit crû... Mais non, mon amour, plus timide, Devoit moins vous livrer à sa bonté perfide.

Les dieux qui m'inspiroient, et que j'ay mal suivis. M'ont fait taire trois fois par de secrets avis. J'ay dû continuer; j'ay dû dans tout le reste... Que sçay-je enfin ? J'ay dû vous estre moins funeste. J'ay dû craindre du roi les dons empoisonnez. Et je m'en puniray, si vous me pardonnez.

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