ACTE IV, SCENE II
XlPHARÉS.
Quoy! Madame! c'est vous, c'est i'amour qui m'expose? Mon malheur est party d'une si belle cause ?
Trop d'amour a trahy nos secrets amoureux ?
Et vous vous excusez de m'avoir fait heureux ? Que voudrois-je de plus ? Glorieux et fidelle, Je meurs. Un autre sort au trône vous appelle. Consentez-y, Madame , et, sans plus résister. Achevez un hymen qui vous y fait monter.
MONIME
Quoy ! vous me demandez que j'épouse un barbare , Dont l'odieux amour pour jamais nous sépare?
XlPHARÉS.
Songez que ce matin , soumise à ses souhaits. Vous deviez l'épouser et ne me voir jamais.
Et connoissois-je alors toute sa barbarie ?
Ne voudriez-vous point qu'approuvant sa furie,
Après vous avoir vu tout percé de ses coups.
Je suivisse à l'autel un tyrannique espoux.
Et que dans une main de vostre sang fumante
J'allasse mettre, helas! la main de vostre amante?
Allez, de ses fureurs songez à vous garder,
Sans perdre icy le temps à me persuader.
Le Ciel m'inspirera quel party je doy prendre.
Que seroit-ce, grands dieux! s'il venoit vous surprendre ?
Que dis-je? On vient. Allez, courez; vivez enfin.
Et du moins attendez quel sera mon destin.