ACTE V, SCENE DERNIERE 3ii
Que ne puis-je païer ce service important De tout ce que mon thrône eut de plus éclatant ! Mais vous me tenez lieu d'empire, de couronne. Vous seule me restez. Souffrez que je vous donne, Madame ; et tous ces vœux que j'exigeois de vous, Mon cœur pour Xipharés vous les demande tous.
MONIME
Vivez, Seigneur, vivez pour le bonheur du monde. Et pour sa liberté, qui sur vous seul se fonde. Vivez pour triompher d'un ennemi vaincu.
Pour venger. . .
MiTHRIDATE.
C'en est fait. Madame, et j'ay vécu.
Mon fils, songez à vous. Gardez-vous de prétendre Que de tant d'ennemis vous puissiez vous défendre. Bien-tost tous les Romains, de leur honte irritez. Viendront icy sur vous fondre de tous costez. Ne perdez point le temps que vous laisse leur fuite A rendre à mon tombeau des soins dont je vous quite. Tant de Romains sans vie, en cent lieux dispersez, Suffisent à ma cendre, et l'honorent assez.
Cachez-leur pour un temps vos noms et vostre vie. Allez, reservez-vous...
Xipharés.
Moy, Seigneur, que je fuie!
Que Pharnace impuni, les Romains triomphans.
N'éprouvent pas bien-tost...
MiTHRIDATE.
Non, je vous le défens.
Tost ou tard il faudra que Pharnace périsse.
Fiez-vous aux Romains du soin de son supplice. Mais je sens affoiblir ma force et mes esprits.
3r2 MITHRIDATE
Je sens que je me meurs. Approchez-vous, mon fils. Dans cet embrassement dont la douceur me flate. Venez, et recevez Tame de Mithridate.
MONIME
Il expire.
XlPHARÉS.
Ah ! Madame ! unissons nos douleurs.
Et par tout l'univers cherchoos-luy des vengeurs.