‹ ThéâtreChapitre 48 sur 213 · ACTE V, SCENE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VI

A son dernier excès est enfin parvenue.

Je ressens tous les maux que je puis ressentir,

Mais je voj le chemin par où j'en puis sortir.

Ne vous attendez point que, las de tant d'allarmes, Par un heureux hymen je tarisse vos larmes.

En quelque extrémité que vous m'ayez réduit.

Ma gloire inexorable à toute heure me suit ; Sans cesse elle présente à mon ame étonnée L'empire incompatible avec vostre hymenée, Me dit qu'après l'éclat et les pas que j'ay faits. Je doy vous épouser encor moins que jamais.

Ouy, Madame. Et je doy moins encore vous dire Que je suis prest pour vous d'abandonner l'empire, De vous suivre, et d'aller, trop content de mes fers. Soupirer avec vous au bout de l'univers.

Vous-même rougiriez de ma lâche conduite; Vous verriez à regret marcher à vostre suite Un indigne empereur sans empire, sans cour, Vil spectacle aux humains des foiblesses d'amour.

Pour sortir des tourmens dont mon ame est la proye. Il est, vous le savez, une plus noble voye; Je me suis vu. Madame, enseigner ce chemin Et par plus d'un héros et par plus d'un Romain. Lors que trop de malheurs ont lassé leur constance. Ils ont tous expliqué cette persévérance Dont le sort s'attachoit à les persécuter Comme un ordre secret de n'y plus résister.

Si vos pleurs plus long-temps viennent frapper ma veuê, Si toujours à mourir je vous voy résolue.

S'il faut qu'à tous momens je tremble pour vos jours, Si vous ne me jurez d'en respecter le cours.

Madame, à d'autres pleurs vous devez vous attendre.

En Testât où je suis, je puis tout entreprendre, Et je ne répons pas que ma main à vos yeux N'ensanglante à la fin nos funestes adieux.

Bérénice.

Helas!

Titus.

Non, il n'est rien dont je ne sois capable.

Vous voilà de mes jours maintenant responsable. Songez-y bien, Madame; et, si «e vous suis cher.

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