‹ ThéâtreChapitre 10 sur 238 · JAXTHAUSEN, BURG DE GŒTZ · texte numérisé non relu

JAXTHAUSEN, BURG DE GŒTZ

ELISABETH, ]\IARIb:, CHARLES.

CHARLES

Je t'en piie, chère tante, dis-m.oi encore une fois le conte de lEîifant pieux ; il est si joli !

MARIE

Dis-le toi-même, petit drôle; je verrai si tu as fait allcnlion .

CHARLES

Attends un peu, que je me le rappelle. « il y avait nnefois. . . Oui.. . Il y avait une lois un enfant, et sa mère était malade, alors l'enfant alla... »

MARIE

Non. « Sa mère loi dit : Cher enfant...

CHARLES

( Je suis malade...

MARIE

^ Et ja^ ne peux pas sortir.

ACii; I. \b

CHMILKS.

« Et puis elle lui donna de rar*^cnt, et lui dit : Va-l'en aclieler ton dt^jeuner. Alors vint un pauvre lioniine...

« L'enfant s'en alla, et rencontra en cheiiiin un vieil homme qui était... >» Fli bien, Charles!

CHARLES

« Qui était... vieux. »

VARIE

Cela va sans dire! « Qui avait à peine la force de marcher, et qui lui dit : Cher enfant...

CHARLES

« Donne-moi quelque chose : je n'ai pas mangé de pain hier ni aujourd'hui. Alors l'enfaul lui donna l'argent..

BIARIE.

f Qui devait lui servir à acheter son déjeuner.

CHARLES

••. Alors le vieillard dit...

MARIE

« Alors le vieillard prit l'enfant. ..

CHARLES

« Par la main, et lui dit... Et il devint tout d'un coup un beau saint tout brillant, et dil : Cher enfant...

MARIE

« La mèie de Dieu va te récompenser de ta bieniaisance par moi. Le malade que tu loucheras...

CHARLES

(I De la main... » Celait la main droite, je crois?

Oui.

CHAI'.LES

« Sera guéri toute de suite.

MARIE

« Là-dessus l'enfant courut à la maison, et la joie l'empêcha de pcirler.

CHARLES

« Et pu'.s il se jcla au cou de sa mère en pleurant de joie.

IC GŒTZ DE nERLICIIINGEN.

WARIK.

« Alors la mère s'écria : Qu'est-ce donc que je seiis! El fut... » Eh bien, Charles! et fut...

CHAP.LES

c Et fut... et fut... »

MAHIE.

Voilà déjà (|ue tu ne fais plus attention! — « Et fut guérie. Et l'enfaiil guéiit le roi et l'empereur, et devint si riche qu'il fit bàlir lin grand moiia>tère. »

ELISABETH

Je ne puis concevoir ce que fait monseigiienr. Voilà déjà cinq jours et cinq nuits qu'il est dehors, et il espérait avoir fjui en un tour de main.

MARIE

Ce n'est pas seulement d'aujourd'hui que je suis inquiète. Si j'étais condamnée à avoir un mari qui s'exposât comme le tien à tous les dangers, j'en mourrais avant un an.

Je remercie Dieu de m'avoir donné plus de fermeté.

CHARLES

Il est donc obligé de sortir, mon père, puisque c'est si dangereux?

MARIE

Oh! c'est son bon plaisir qu'il consulte.

ELISABETH

Tu as raison, mon bon Chailes : il y est obligé.

CHARLES

Pourquoi?

ELISABETH

Tu sais bien, la dernièie fois qu'il est sorti, quand il t'a apporté un petit pain blanc?

CHARLES

Bl'en rapportera-t-il encore cette fois?

ELISABETH

Je crois bien! Vois-tu, mon ami, il y avait à Stultgard un tailleur très-habile à tirer de l'arc, qui avait gagné le prix à Cologne.

Page 1