‹ ThéâtreChapitre 9 sur 238 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

MAr.TIN.

Il passa clioz nous, il y a déjà lon::tcmps, un moine qui vous avait vu apics (ju'uii cmp de feu vous tût enlevé celle main dcvaut l.audsliut. Comme il nous parla de vos souffrances, de voire ch.igrin d'être mutilé pour la guerre, et de l'idée qui vous revint tout à coup d'avoir intendu conter riiistoirs d un homme (jui n'avait qu'une main non pins, et qui, ir.rflgié cela, fit encore longtemps le service d'un brave guerrier! Je ne loublierai jam lis...

Les deux cavaliirs arrivent. — Gœlz va vers eux; ils l'entretiennent tout bas. MARTIN, continuant pendant ce temps.

.le n'oublierai jamais le moment où, dans une noble et sainte coufiaiice, il s'écria en s'adressant à Dieu : « Quand j'aurais douze mam>, si tu me refusais la grâce, de quoi me serviraient-elles? Je puis donc avec une seule. .. »

GŒTZ

Ainsi, dans la forêt deHaslacb? (Se loumaiit vers Martin.) Adieu, digne Irère Martin.

H l'embrasse.

MARTIN

Ne m'oubliez pas plus que je ne vous oublierai.

Gœtz sort.

MARTIN

Gomme mon cœur était plein quand je le regardais 1 II ne parlait pas: el cependant mon àme ne pouvait se débclier de la sienne. C'est une suprême jouis^^auce que de voir un grand homme!

GEORGE

Révérend père, vous couchez celte nuit chez nous, n'estce pas?

MARTIN

Puis-je avoir un lit?

GEORGE

Non, mon père; je ne connais les lits que [»ar ou'i-dire; dans notre auberge, il n'y a (\ur. de la paille.

MARTIN

C'est tout aussi bon. Comment t' appelles-tu î

t4 GŒTZ DE BERI ICHINGEN.

r. FORGE.

George, mon révi'reinl père.

MARTin.

fieorge! Tuas là un bi-ave patron.

GEORGE

On dit qu'il a été cavalier; moi, je veux l'être aussi.

MARTIN

Atleiids! (Il lire un livre de prières el donne à Ceorge Timage .''un

saint.) Tiens, le voici. Imite-le; sois brave et crains Dieu.

Il sort.

GEORGE

Aliî le beau cheval lilancî Si je pouvais jamais en avoir un p;ireil ! El eelte armure d'or!... Ali ! quel vilain dragon ! — Jejette à présent ma pondre aux moineaux. Saint George, fais-nioi grnnd et fort, donne-moi une lance, une armure d un cheval, et viennent les dragons, ils verront beau jeu!

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