ACTE IV. l'JJ
ment (lélirH'ux me i;iiiiiiie, me soit de mon inésolulioii ^tlljii'lc el muoLle, et lu'éliève au-dessus de uioi-iuème. VenjiMiice ' que je nie sens soulagé! comme Ions mes r.<*r Is se ; tl lit, se roidissent pour lesai-ir, le déchirer...
SOPHIE
Tu me lais frémir, mon frère!
REÂUMAr.CHAIS.
T;mt mieux ! Point d'épée, j)oint d'armes; c'est de ces m:i:ns que je veux le déchirer, afin que m;i joie soit phis dire( te, que je puisse dire au fond de mon eœur : Je l'ai «uiéanti!
MARIE, Irès-oppressée.
\h ! mon cœiu' !
BEAUMARCHAIS
Je n'ai pu te sauver, ma sœur; mais tu seras vengée. Mes dents sont avides de sa chair, mon gosier de son sang! Suis-je donc devenu une hête Icroce? Je haïrais d'une haine éternelle celui qui, pour frustrer mon attente, voudrait l'empoistMiiier ou l'assassiner. Guilbert, aide-moi donc à le trouver! OnestBuenco? Vous tous, aidez-moi donc à le trouver!
GUILBERT
S.iuve-toi! sauve-toi, te dis-j^i! Mon frère, tu ne te connais j-)lii>!
MARIE
Fuis promptement, mon hère!
SOPHIE
I jnmène-le. 11 va faire mourir sa pauvre sœur!
Buenco entre.
IJUENCO.
Xi- l'avais bie« prévu, mon.sieur; pirtez sur-le-champ, parti z; j'ai observé toutes leurs démarches, on vous cherche, et vo:iN êtes perdu .si vous ne sortez W instant de la ville.
BEAUMARCHAIS
Nu!i, jamais! Oij est Glavijo?
BUERCO.
Je l'ignore.
•iOO CLAVIJO.
BEAUMARCHAIS
Tu le sais, dis-le-moi. 0 Bueuco! faut-il que je t'en conjure à genoux !
SOPHIE
De grâce, Buenco.
MARIE
Ah ! de l'air, de l'air ! (Elle tombe à la renverse.) Clavijo !
Elle glisse de son siège.
SOPHIE
Au secours ! elle se meurt !
MARIE
Ne nous abandonne pas, grand Dieu ! Sauve-loi, mon frère, sauve-toi !
BEAUMARCHAIS. (Il se précipite aux genoux de Marie et, malgré
tous les secours qu'on lui prodigue, elle ne peut revenir à elle.) Moi, t'abandonner ! t'abandonner !
Eh bien! reste, et fais-nous mourir tous comme ma maiheureuse sœur ! Marie, tu n'es plus, et ton frère a causé ta mort !
BEAUMARCHAIS
Arrête! Que dis-tu?
SOPHIE, avec un sourire amer.
Notre libérateur! notre vengeur! Qu'il s'aide donc luimême !
BEAUMARCHAIS
Dieu! ai-je mérité...
SOPHIE
Reiul.>-la-moi, et ensuite va te plonger dans un cachot, monte sur i'échafaud; vas-y répandre ton sang, mais rendsmoi ma sœur!
BEAUMARCHAIS
Sophie !
SOPHIE
ïléias! puisqu'elle n'est plus, puisqu'elle est morte, au
moins cui!serve-toi pour nous, mon frère! (Elle se jeite à son