ACTE I
messieurs, s'évapore â les voir de plus prti' et ce ne l ont pi.\s alors que de mauvaises petites guenilles.
OLEARICS.
il semble que vous ayez mission de dire des vérités.
LIEBETRADT.
Comme j'ai le conrage de les dire, je ne manque pas de mots pour les exprimer.
OLEARIUS
Mais vous manquez de tact pour les bien placer.
LÎEBETRAUT.
Partout où les ventouses tirent elles sont bien placées.
OLEARIUS
On reconnaît le garçon de bains à son tablier, el le métier à ses privilèges; vous devriez, par précaution, attacher des grelots à votre bonnet.
LIEBETRADT.
OÙ avez- vous pris vos degrés? Je vous le demande, parce que, dans le cas où il me prendrait fantaisie d'arriver à celui de docteur, je voudrais connaître la vraie forge.
OLEARIUS
Vous faites l'impertinent !
LIEBETRAUT
Eh! vous faites bien l'homme d'importance!
T/évêque et l'abbé rient aux éclati.
l'évêque.
En voilà assez là-dessus ! . . . pas tant de chaleur, messieurs : \ table tout s'arrange. — Allons, Liebetraut, entame quelque autre sujet.
LIEBETRAUT
11 y a près de Francfort un petit endroit qui s'appelle Sachsenhausen...
OLBARIUS, à révoque.
Monseignem*, que dit-on de l'expédition contre les Turcs? l'évêque.
Que l'Empereur a bien d'autres affaires! 11 faut d'abord qu'il s'applique à pacifier l'Empire, à détruire les coalitions, à relever la dignité des tribunaux. Ensuite il doit marcher, dit-
5i GŒTZ DE BEI'.L1C1I1>'GEN
on, en personne contre les ennemis de l'Empire et de la chrclienlé; mais d'ici là il trouvera assez d'occupation chez lui. L'Empire, malgré une paix de quarante ans, est encore à l'heure «ju'il est un \rai coupe-gorge. La Franconie, laSouahe, le Haut-Rhin et les pays environnants sont à la merci de quelques chevaliers arrogants et audacieux. Sickingen, Selbitz le boitiux, Berlichingen à la main de fer, s'y moquent ouvertement de Sa Majesté Impériale.
l'abbé.
Comment! si Sa Majesté ne s'en mêle, ces drôles-là en ^iondront un beau jour jusqu'à nous mettre dans le sac.
MEBETHALT.
Ce serait un fier luron, celui qui mettmit en sac le tonneau de Fulda ^ !
l'évêijue.
Berlichingen surtout est depuis bien des années mon irréconciliable ennemi. Je ne puis dire comme il me rend la vie pénible; mais j'espère en être bientôt débarras>é; l'Empereur tient actuellement sa cour à Auiisbourg ; nos mesures sont prises, il ne peut échapper. — Monsieur le docteur, connaissez-vous Adelbert de Weislingen ?
OLEARIDS.
Non, monseigneur.
l'évêque.
Si VOUS avez le loisir d'attendre cet homme, vous aurez la satisfaction de voir en lui le plus noble, le plus habile et le plus aimable chevalier du monde.
OLEARIUS
Ce doit être un homme bien supérieur, celui qui s'attire de telk-s louanges dune telle bouche.
LIEBETRACT.
H n'a jamais été à l'Université.
l'évêqde.
Nous le savons . (Les domcbiiques courent à la fenêtre.) Qu'y a-t-il?
Jet. je mot sur foudre {en allemand /u/^i et Fulda, nom de ville.
AGI El. m
UN DO)II:ï.TIQUE.
Faerber, un des huiiiines de Weisiiuger est entré au cliàteau.
l'évêque.
Allez voir ce qii il aj)porte; sûrement la nouvelle de l'arri
vée du chevalier.
Liebetraut sort. Tout le monde se lève cl boit encore un coup. Liebctraot
rentre.
l'évêque.
Quelles nouvelles?
LIEBETRAUT
J'aimerais mieux iju'un autre vous les dit que moi. Weislingen est pris.
l'évêque.
oh!
LIEBETRAUT
Ileriichingen l'a fait prisonnier, lui et trois de ses gens, près de Huslach. L'un d'eux s'est échappé pour vous appoiter ce message.
l'abbé.
Maudite nouvelle !
OLEARIDS.
J'en suis pénétré de douleur !
LÉX-ÊQUE.
Je veux voir cet homme; fiites-le monter... non, qui entre dans mon cabinet; je veux lui p;irler moi-même.
l'abbé se remet à loble.
En( ore un coup !
Les domestiques versent à boire.
OLEAftIUS.
Votre Révérence serait-elle disposée à faire un petit tour de jardin? Post cxnam stabis, seu passiis mille meabis.
LIEBETRAUT
Vraiment, je crois que le fauteuil ne vous vaut rien. Vou» saunerez encore une attaque. (L'abbé se lève. — a part.) Une lois que je te tiendrai dehors, je te ferai faire de l'exercice 'e L'en réponds.