‹ ThéâtreChapitre 151 sur 238 · STELLA · texte numérisé non relu

STELLA

FERNANDO, la retjardynl avec stupeur.

Et c'est toi 1 c'est toi !

Osert.

STELLA

Qui ! qui ! (Elle se relève.) Où est-il? (Elle retombe, et regarde lei

lieux femmes occupées autour d'elle.) Mcfci ! Je VOUS remercie.. . Qui êles-yous?

CÉCILE

Soyez tranquille ! c'est nous.

STELLA

Vous! Vous n'êtes pas parties? Êtes-vous?... 0 Dieu, qui

me l'eùtdil! Qui CS-tu? es-tu...? (Prcuaut Cécile par la maiu.)Non,

cette idée est au-dessus de mes forces.

CÉCILE

Bonne Stella! ange du ciel, je te presse contre mon cœur.

STELLA

Mais, dis-moi? le coup a porté jusqu'au fond de mon àme : His-moi? es-tu...?

CÉCILE

Je suis... je suis sa femme.

STELLA, se levant tout à coup et se couvrant le visage de ses mains.

Et moi !

Elle court çà et là.

CÉCILE

Venez dans votre chambre.

STELLA

Pourquoi me rappelles-tu ce lieu? affreux ! affreux ! Ces arbres que j'ai plantés, que j'ai élevés; pourquoi tout cela me devient-il tout à coup si détestable? Écrasée! perdue! perdu»: à jamais! Fernando! Fernando!

CÉCILE

Va, Lucie, va chercher ton pèie.

STELLA

Ah! par pitié, arrête! arrête! qu'il ne vienne pas! Éloignetoi!... père ! . . . époux ! . . .

GÉCiLE.

Tendre et chère a miel

ACYE lY. r.yZ

STELLA

Tu m'aimes î lu me presses contre ton sein! Non, non, jisse-moi! n-pousse-moi. {\ son cou.) Kncore un instant: c'ei v^ra bientôt l'ait de moi! Ali! mon cœur! mon cœur!

CÉCILE

Reposez- vous.

Je ne puis soutenir voire présence. J'ai empoisonné votre vie? je vous ai tout ravi. Vous, si malheureuse! et moi, quelle félicité dans ses bras! (Elle sejeue à genoux.) Pouvez-voui me pardonner"?

Cécile el Lucie veulent la relever.

CÉCILE

Ah! cessez, cessez donc.

STELLA

Non, je veux rester proslernée; je veux prier, gémir, demander pardon à Dieu, à vous! Pardon !... (Elle se relève.) Pardonnez-moi, consolez-moi : je ne suis pas coupable. Tu me l'as donné, Dieu du ciel ! je l'ai conservé comme un précieux don de ta main. Abandonuez-moi : mon cœur est déchiré.

CÉCILE

Innocente el chère créature !

STELLA à son cou.

Je lis dans tes yeux, sur tes lèvres, des paroles célestes. Soutiens-moi : aide-moi à me supporter! Je péris! Elle me me pardonne! Elle sent ma misère!

CÉCILE

Ma sœur, ma chère sœur, remets-toi; reprends un moment tes sens. Crois que celui qui mit dans nos cœurs cette sensibilité, source de tant de peines, saura bien y préparer des consolations et des secours.

STELLA

Laisse-moi mourir sur ton sein.

CÉCILE

Venez.

STELLA marchant d'un air égaré.

Laissez-moi tous 1... Voyez-vous, il s'élève dans mon âme, 1. 22

25i STELLA.

un monde de petisées tumnlliicuses e( pénibles, qni la remplissent d'jingoisses inexprimables. C'est impossible ! in;posëible! tant de clioses à la fois! je ne puis les saisir, je ne puis le.> supporter.

Elle tixe les yeux à terre dans un profond silence, se recueille, les relè », regaide les deux femmes et s'enfuil en poussant un cri.

CÉCILE

Suis-la, Lucie, et veille sur elle. (Lucie .>>ort.) 0 Piovidence ? abaisse un regard protecteur sur tes eniimts. Voi> leur trouble, leur misère. J'ai tant appris en soulfrant! Forlifiemoi ; et si ce nœud doit être délié, Dieu du ciel, ne permets pas qu'il soit rompu.

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