‹ ThéâtreChapitre 162 sur 238 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

me reprocher sans cesse ce qui, dans le fond, n'est rien? Toute la maison se gale, lu ne fais rien, el tu dé[)inses tout. Tu vis au jou!' le jour. Te manque-t-il quelque chose, tu lais des dettes ; et s-i ta l'emme a besoin de quehjue cliose, il ne se trouve pas un Iloriii ; tu ne demandes seulement [joiut où elle en pourra trouver. Veux-tu une brave femme, sois un honnête homme ; procuie-lui ce (pi'il lui faut, aide-la à |)asser le temps, et, quant au reste, tu pourras dormir tranquille.

SCELLER

Eh! adresse-toi au père.

SOPHIE

Je serais bien reçue ! Nous avons besoin de tant de choses, et tout va si mal ! Hier, pour la première fois, il m'a l'allu le prier de m'accorder quelque chose d'indispensable : « Ah ! s'est il écrié, loi sans argent! et Sœller court en traîneau! » H ne m'a rien donné, et les oreilles me cornent encore de ses cris. Maintenant, dis-moi un peu où je dois puiser? car tu n'es pas un homme à l'inquiéter de ta femme.

SŒLLER.

Oh! attends, chère enfant ; peut-être demain recevra i-je quelque chose d'un bon ami...

SOPHIE

Les bons amis se pressent quand il s'agit de premlre ; mais un ami qui apporte, je n'en ai pas encore vu. Non, Sœller, vois-tu bien, cela ne peut continuer ainsi.

SŒLLER.

Tù as le nécessaire.

SOPHIE

Bien, c'est quelque chose. Pourtant, qui n*a jamais été misérable veut un peu plus que cela. On s'accoutume au bonheur et à ses dons. On a le nécessaire, et l'on croit ne posséder rien encore. Le plaisir dont jouit chaque femme, chaque jeune fille, je n'eu suis pas jalouse; mais enfin je ne suis pas blasé? : la parure, le bal... Suffit! je suis femme.

SŒLLEIt.

Eh bien ! viens avec nous ; ne te le dis-je pas toujours?

fH LES COMPLICES.

Que noire ménage devienne un carnaval, perdons noire temps, (|iie lontsoit dissipé en un jour ! je prêt ère demeurer ici toute seule l'année entière. Si lu ne veux pas épargne)-, il janl du moins que ta l'en i me épargne Mon père e^t déjà 1 i'ii >sez aigri à ton ég.ird ; j'apaise sa colère, el je ^uis sa seule n)n<(»lation. Non, nioi;bieur, ji; ne vous aiderai point à prodi- ,i:uer mon propre bien. Epargnez d'abord vous-même, vous songerez à moi ensuite.

SŒLLER.

Mon enfant, laisse-moi me divertir encore celte fois, el -«{•land la foire viendra, alors nous nous arrangerons.

UJX GARÇO:!* d'auberge, entrant.

Monsieur Sceller î

SŒLLER.

Ail! qu'y a-t-il?

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