ACTE I
AI.r.EsTE, qui a parcouru la Icltre rapirlement.
fl me faiidi.i j)aitir (Kmain de bonne liciire. Vous me donnerez le compte.
l'hôte.
Eh! partir si vite, par un aussi mauvais temps? — Celte lettre est donc d'iinportaiice? Peut-on se permettre de demander à Votre Seigneurie...
ALCESTE
Non.
l'hôte, à Sophie.
Demande-lui donc, loi; certes il le le dira.
11 va à la table dans le fond, où il prend ses livres dans un tiroir; il s'assied et écrit le comple.
SOPHIE
Alceste, est-ce sur ?
ALCESTE
Le visage aimable !
SOPHIE
Alceste, je t'en piie, n'abaidonne pas Sophie.
ALCE^TE.
Eh bien! décide-toi à me voir cette nuit.
SOPHIE, à part.
Que dois-je, que puis-je faire? Non, il ne faut pas, il ne faut p;is qu il parte; il est mou seul espoir. — Tu vois que je ne puis pas. . . pense que je suis mariée.
ALCESTE
Le di;ible emporte le mari ! Tu es veuve en ce moment. Non, mets àpnifît ces instants, peut-être ne les retrouveronsnous jamais. Un mot! à minuit, ma bien-aimée, je serai ici.
SOPHIE
Mon père e^t trop proche de ma chambre.
ALCESTE
Eh bien, alors viens chez moi. Que signifient ces hésitations? Pendant ce temps, Poccasion nous échappe. Tiens, prends la clef.
SOPHIE
La mienne ouvre.
ALCESTE
Ainsi, viens donc, chère enfant. Qui t'arrête? Eh bien, veux -lu?
SOPHIE
Si je veux?...
ALCESTE
Eh bien?
J'irai.
ALCESTE, à l'hôtC.
Monsieur l'hôte, je reste.
L HOTE, s'avançant sur le devant de la scène.
Ah! ah! (a Sophie.) As-tu appris queli^ue choset
SOPHIE
Il ne veut rien dire.
l'hôte.
Rien?