‹ ThéâtreChapitre 209 sur 238 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

UANA.

Faitos-le entrer, (i.e domesiique ^oIl.) Regarde, n'y a-t-il rien do dérangea niacoiHiire?

SORA

Attends ! . . . Celte boucle Le voici.

Merkulo entre.

MEnKULO.

Aimables dame>,il est pende moments dans ma vie où je me sois senti aussi liiureux qu'aujourd'hui. Nous autres pauvres serviteurs prcs(|ne toujours mis en avaîit en de fà<lieuscs rei»contres, (juand le> bonnes <e présentent, il uons faut le plus souvent rester en arrière. Mais cette fois, mon j)rince m'élève au-desssus de lui-même, puisqu'il daijTue me faire prendra les devants pour venir en ce séjour des grâces et des plaisirs.

MAKA

C'est trop débouté...

SORA

Vous êtes le bienvenu ! On nous a dit du prince tant de bien, que nous brûlons du désir de le voir.

MERRULO.

Mon prince est heureux déjà d'avoir pu de loin attirer votre attention; mais si en le voyant vous lui conservez votre faveur, et j'en ai l'espoir, il doit alors se regarder comme le plus heureux des hommes. Pourrai-je, s'il vous plaît, présenter mes hommages à votre princesse, à qui j'ai mille choses aimables à dire de sa part ?

MANA

Vous ne tarderez pas à lui être présenté. Elle nous a ordonné de mettre à votre disposition cette chambre et tout l'appartement contigu. Veuillez vous en servir comme bon vous semblera.

MERKULO,

Si vous le permet! ez, je vais faire porter ici et mettre en place tout notre baguge, qui je dois le dire, est assez considérahlc.

S58 LE TniOMPIIE DE LA SEiNSIDILITÉ.

MâKA.

Tout comme il vous plaira.

Merkulo se relire en saluant.

SORA

Restons, je suis trop curieuse de savoir ce qu'ils peuvent apporter.

0)1 cnleml une marche rapide et le cortège s'avance. Merkulo eu lêle, ensuile le colonel, les soldats, 1rs gardes du corps, portant des cnrfres de diffô renies grandeurs, quatre .Maures >oulenanl un berceau, puis la suitf. Ils font le tour du ihràtre. Les coffres sont rangés des deux côtés, le berceau dans le fond, et, sous le berceau est placée une grande caisse. Les personnages muets sortent tous ; la marche cesse.

son A.

Qui sont donc ces jei.ues militaires si bien faits, et qui est

ce seigneur qui nous a s;iliiée>?

MEnKDLO.

C'est le colonel des gardes de Son Altesse. Quant aux autres, ce sont de jeunes genlilsliommes [âges de mon maître, une compagnie de tètes légères !

Nous sommes Lien étonnées, vraiment. Vous avez avec vous des décorations. Serait-ce pour jouer la comédie? et dans ces coffres est enfermée sans doute la garde-robe du lliéàtre?

MEF.KULO.

Excusez-moi, mesdames! je devrais tenir bouche close, et vous sup[)liL'r le plus lioiinétement possible de quitter ce Salon, qui, dès ce moment, devient un asile secret; mais le moyen de résister à vos bontés et à vos charmes! C'e>t à des yeux étrangers et piofaiies que nous devons cacher les saintes extases de nos sentiments, non pas à des âmes si douces, à qui nous serions bet.reiix de les voir partager.

Au nom du ciel, dites-nous, pourquoi ce berceau?

SIEllKULO.

A cet équipage, mesdemoiselles, vous pouvez en partie reconnaîtie le caractère de mon aimable prince; de tous les hommes le plus sentimental, le cœur le plus sensible à toutes

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les beautés de la nature, vX pour (jui l'éclat et les fraudeurs ont moins de [)ri\ qu'un tendie commerce avei; ct lie natuie.

son A.

C'est bien là l'Iiomme qu'il nous faul! VA nour^ aii.->i nous aimons à nous pronieui r au clair de la luue. l'deu u'a puur nous tant de charmes que le chaut du rossignol.

MERKULO.

Oui, mais il s'y trouve un inconvénient Tort grave, mes charmantes demoiselles. Son Altes-e a les nerfs si délicats, si particulièrement sen-ibles, qu'elle ne saurait trop se mettre en garde contre le grand air et les changements subits de tempéralures. Vous avoueiez qu'en pleine campagne on n'est pas maître de choisir toujours le ciel cpie l'on délire. Les rosées du malin et du soir sont considérées comme fort dangereuses par les médecins, aussi bien que les vapeurs qui, pendant les ardeurs brûlantes de l'été, s'exhalent de la mousse et des sources fraîches. 11 est si facile d'attraper mi rhume sur la piairie, et c'est justement dans les plus biles nuits tie l'été qu'on est pins que jamais obsédé par les mouclies et les cousins. Couché sur le gazon, on veut se livrer à ses rêveries^ mais bientôt les habits sont couverts de fourmis, et que de ' Ibis le pins doux sentiment fut troublé par la chute d'une vilaine araignée! Le prince a fiit promettre un prix, par ses académies, à celui qui saura, au profit des âmes sensibles, trouver un remède à ces désagréments. On a déjà couiouné plnsiems dissertations, mais la chose n'a pas fait le moindre progrès.

Oh! si jamais on inventait un moyen pour préserver des cousins et des araignées, je vous en conjure, publiez-le aussitôt; car souvent c'est au milieu des transports les plus divins qu'un de ces affreux insectes vous vient justement rappeler avec son dard ou ses longues pattes crochues aux sensations de la matière.

MERKULO.

En attendant, mesdames, mon prince, ne voulant interrompre ni retarder ses jouissances, s'est fait, par d'habiles ar-

cistes, citer un monde dans sa cliambre. Son palais es! décoiV» •Il ne peut plus agréablement : ses clianjbres senibltiiL des l)eiceaux, ses valons des Ibrèts, ses cabinets des ^'lulis.; c'est aus-i beau, c'est phis beau que dans la nature, si noms ajoutez tontes les commodités que peuvent foui air Jes maclinies et les ressorts.

SORA

Ce doit être charmant.

MERKDLO.

Comme Son Altesse est accoutumée à trouver dans chacun de ses châteaux une nature particulière, nous avons aussi une nature de voyage que, dans nos tournées, nous emportons toujouis avec iious. L'état de sa maison est augmenté d'une charge nouvelle, et celui qui l'occupe est un honmie très-liabile, à qui nous avons donné le titre de Directeur de la nature. 11 a toujouis avec lui un grand nombie d'ai listes; c"e>i l'un de ses plus dignes élèves qui a l'intendance de notre nature de voyage, et que j'aurai l'honneur de vous présenter eu cell' quililé. La seule chose qui nous manque, ce .^ont les doux zéphyis. On n'a encore rieu essayé en ce genre (pii ne i-oil iujpai l'ait; mais nous espérons bientôt recevoir de France des piocédés pour combler cette lacune.

Pardonnez; qu'y a-t-il dans cette caisse? peut-oïi le savoir?

MEliKULO.

Des secrets, ma belle demoiselle, des secrets; mais vous avez si bien trouvé le ^ecret de pénétrer tous les secrets de mou cœur, que rien n'y e»t plus caché pour vous. Nous avons là les biens les plus précieux des âmes sensibles. Ce coffre renferme les sources écumantes.

UAJNA.

Oh!

MERKDLO.

Celui-ci contient le chant et les plus doux concerts des oi« leaux...

SlAKà.

Vraiment !...

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