‹ ThéâtreChapitre 210 sur 238 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

MEP.KILO.

Et là, dans celte grande caisse, est emballé le clair de lu lune.

sor.A.

Est-il possible! monlrcz-noiis-ledoncl

UEUKULO.

C'est une chose qui n'esl pas en mon pouvoir. Le prince seul &iit donner îi ces niei vciilrs le nioiivcuient et lu vie; lu seul doit les sentir. Je ne pourrais vous en montrer que la partie la pins gros>ièie.

Eh bien, il faudia prier le [»rince de faire jouer nue fois devant nous ses machines.

WEr.KULO.

Au nom du ciel, ne faites pas semblant de rien savoir, et n'allez pas traiter de jeux l'objet de sa pa.-sion ! Chacuu a ses goûts favoris, cpi'il prend au i^éiieux, et souvent plus au sérieux que ses affaires. Cependant je nie fais un devoir de tiavailler autant qu'il est en moi à votre plaisir, et je vous montrerais bien toutes nos raretés quoique sans vie ni mouvement, si la décoration de ce s;.lon s'accordait seulement quelque peu avec la nature ci-incluse.

MAi\A.

Nous ne serons pas si sévères pour l'illusion.

SORA

D'ailleurs, il y a de la ressource; n'avons-nous pas des tapisseries chargées de forêts et de paysages?

HERKULO.

Ce sera parfait.

SORA

Hé! (Un vaiei entre.) Dites au tapissier de la cour qu'il f:isse descendre ici les tapisseries à dessins de forêts.

MERKULO.

Et moi je vais de mon côté ne rien négliger.

Musique. — Merkulo fait un signe, et au moment où la scène se change en forêt, les coffres aussi se changent en bancs de gazim, en rochers, en baissons, etc. Le décorateur aura soin que le tout forme un ensemble agréa» ble, et qui fasse un contraste sensible avec la décoration qui -li-paiait. \ 31

5fci l.i: TRIOMPHE DE LA SENSIBILITÉ.

MANA

Biîivo! bravo!

SORA

Comme c'est beau !

Elles exaiiiiiiint lout avec enii>ressement, tant que dure la musique.

MAWA.

La décoration esl ruvissanle.

BIKl'.kl LO.

je vous demande bien pardon, ce nesL pas nne décoration, c'est ce que nous appelons une nature artificielle, (iar ce mol de nature, observez bien ceci, doit èUe mis parlout.

sor.A.

Cbarnianl! ravissant!

ilEURL'LO.

Il faut encore que je vous enseigne un terme de l'ai l laec lequel on va loin. Cbarmaiit! ravi^^anl ! ce sont là des mois qui peuvent également convenir à un tablier de soie on à un bonnet. Ce n'est pas cela; quand vous apercevez un ob-cl, quel qu'il soit, arrêtez-vous, et, le regMrdant d'un œil iixe, criez : Ab ! quel effet cela pioduit sur moi! — Personne ne sait an Ibndcc que vous voulez dire, car le soleil, la lune, un rocher, des ruisseaux, des formes, des vi âges, le ciel tt la terre, lout aussi bien qu'un cbiffon de percale brodée, o:it cbacun leur effet particulier. M.ds quel genre d'effet? voilà ce qui est un peu plus dilticile à définir; mais tenez-vous au U I me général : '( Ab! quel effet singulier cela produit sur moi! » Aussitôt toute l'assistance se retourne, regarde et crie avec vous : « Quel effet singulier! h dès loi s tout est fini, il e;t convenu que l'objet produit un etfet singulier.

Il paraît que votre prince e>t ^rrand amateur du théàtie.

MERRLLO.

Tiès-grand amateur. Le théâtre et noire nature ont, il est vrai, «le grands rapports. De pins, il est excellent acteur. Si vous pouviez le déterminer à exécuter quelque chose devant vous !

A<.TK M.

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