‹ ThéâtreChapitre 22 sur 238 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ADÉLAÏDE

Vous n'eu avez pas pour longtemps. Eclicc au roi!

LIEBETfiALT.

Moi, si j'él us :.r. 111(1 seigneur, je ne voudrais jamais jouer à ce jeu-là, et je le (léfendrais à rua c «ur et dans tout moa royaume.

ADÉLAÏDE

Il est vrai que ce jeu e^t la pierre de touche de l'esprit.

LIEBETRADT.

Ce n'est pas pour cela. Mais j'aimerais mieux entendre lea lamentalions de la cloche des morts, le cri lugubre des oiseaux de mauvais au;.iure, les hurlements de la couscieiice, ce chien qui toujours aboie, et tout cela pendant mon premier sommeil, que de la part d'un fou, d'un cavalier ou de tel autre animal, cet éternel : Echec au roi !

LÉVÊQUE

Eh ! quel homme aura jamais de pareilles idées?

LIEBETRAUT

Un homme, par exemple, qui aurait la tête légère et la conscience lourde, qualités qui ^e trouvent généralement réunies. On appelle cela un jeu royal; ou prétend qu'il lut inventé pour un roi, et que ce roi inonda l'inventeur d une mer de générosité! Si ce n'est pas un conte, il me semble que je vois ce prince-là. Pauvre d'esprit... ou d'années, sous la tutelle de sa mère ou de sa femme, il avait un peu de duvet au menlou, et quelques poils d'un blond fade autour des tempes, Iréle comme un jeune saule, il jou lil volontiers aux daines avec les daniL's, non par passion. Dieu l'eu garde! mais par passetemps. Son gouverneur, homme trop aclii" pour être un savant, trop roide pour être un courtisîui, inventa in usum Delphifii, ce jeu où Sa Majesté se trouvait si dignement représentée... et ainsi du reste.

ADÉLAÏDE

Échec et mat ! — Liebetraut, vous devriez remplir les la^ cunes de nos chroniquos.

ils M lèvent.

46 GŒTZ DE BERLI ClIINGEN,

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