BIÉLA
Elle a vraiment une belle robe.
mana.
On jurerait qu'elle appartient à Mandandane.
MÊLA
Je ne conçois pas ce que le prince peut faire de cette poupée.
Après l'avoir retournée, arrangée de différentes manières, elles fuiissent par tirer de sa poiliine un gros sac.
SOP.A.
Qu'y a-l-il dans le sac? voyous! qu'y a-l-il?
MAKA
Je présume au toucher qu'il est rempli de son.
SORA
Non, il est trop lourd.
LATO
Il y a dedans quelque chose de dur.
MELA
Ouvrez-le ! nous veri ous !
AKDRASON paraît.
Eh bien ! où êtes-vous doue, enfants? je vous cherche partout.
M AN A
Tu arrives bien à propos, vois!
ASDKASO».
Mais que diable est-ce là? les habits de ma femme! son image !
5JA^'A, lui montrant le sac.
Oui, rembourrée avec du son.
Regarde autour de toi ; c'est ici la nature au sein de laquelle notre prince passe sa vie, et voilà son amante.
A^DRÂSOIIy tout ému.
Grands dieux !
SORA
Ouvrons (onjours le sac.
AJiDRASON, sortant d'une profonde rêverie.
Arrêlez !
IIANA.
Qu'as-tu, Andrason?
ANDP.ASON.
Il me semble qu'une lueur descendue du ciel traverse cei ténèbres.
SORA
Quelles convulsions te prennent?
AISDRASON.
Ne voyez-vous rien, mesdemoiselles? ne saisissez -vous pas?
MAKA
Oui! oui! l'ombre qui nous a tant intriguées; elle est assez palpable, comme aussi le sac qtie je tiens.
ANDRASON.
Honore les dieux !
Ton sérieux me fait rire.
ANDRASON.
Ne voyez-vous pas accomplie la moitié de l'oracle qui prédit mon bonheur?
M AN A
Dire que nous n'avons pas deviné cela plus toi 1
ANDRASON.
Quand par de belles mains l'âme sera ravie à une om bve palpable.
SORA
Rien n'est plus clair!
ANDRASON.
Et que le sac de toile aura rendu ses entrailles !
SORA
Allons, ouvrez, et voyons avant tout ce qu'il contient.
Elles ouvrent le sac, et le secouent, il en tombe avec du son une pacolill*
de livres.
ACIi; V. 58Ô
AN DM A^ ON.
Atleiuk'Z, ce iloit èUe (le iiiciveillcux ouvrages! — Sentimcntalitcs.
Il ramasse un livre.
MÂNA.
Oli ! doniiGz-le-nioi !
Les aiilrcs, pend. lU ce temps, onl déjà ramassé les livres tombés du sac.
ANimASON.
Quel livre as-tu? — Siegward, histoire de couvents, en trois volumes.
MANÂ.
Ce doit être charmant! Donnez! je veux le hre. — Le bon jeune homme.
LATO
Il l'aut que nous fassions connaissance avec lui.
SORA
Tiens! il y a une gravure.
MÊLA
C'est très-bien, on peut voir au moins comment il élait fait.
LATO
Il avait vraiment l'air mélancolique, un air bien intéressant.
11 est loisible aux acteurs de critiquer habilement d'autres écrits pareils. A>DRASON.
Belle compagnie pour garnir un cœur!
MÊLA
A quel propos ces hvres se Irouvent-ils là?
ANDRAS0.\.
Mais voyons, est-ce tout? (il retourne le -ac, et il en tombe en tore quelques livres et beaucoup de son.) Yoilà le bouquet!
SORA
Oh ! laissez-moi voir !
ANDRASOÏ.
La Nouvelle Héloïse. — Et puis : Les Souffrances du jeune Werther! — Pauvre Werther !
583 LE TI'.IUMI'IIK DK I. A SEISSI BILITE.