ACTE II
rcnoDiiiH'e. La foiilo ne prise que rîippnreiice du rrit'rite. Moi, Corinne j'ai l'Iiabilnde de ne jnmins approlondir !(•> gens à qni je veux dn birii, je vécns qnelqne k'ni|is près de vous senlani qu'il me manquait quelqne ( liose et ne sacliant [>as quoi. Enlin mes yenx s'ouvrirent. An lieu d(! cet liomiiie adif qni menait l<s alTaires d'une pimtipanlé sans lu'gligt r pour cela ses intérêts ni sa gloire, et qui, entass int entreprises sur entre[trisi's, s'en servait comme de montagnes superposées pour s'élcvei' jiiscpranx mies, je ne vis plus (ju'un être -^r.missant ainsi qii'un poêle malade, méiaiieoliijue comme une jeune fdie en bonne santé, et plus oisif (prnn vieux fat. J'attribuai d'abord tout cela au souvenir trop récent d'un malheur qui vous tenait à cœui-; je lis de mon mieux pour vous excuser. Mais à présent que cet état semble empirer de jour en jour, vous m'ex(;userez à votre tour si je vous retire toute ma aveur. Vous n'v avez aucun droit : c'est à un antre que je l'avais accordée pour la vie; il ne peut vous la transnieltie.
\VEISLI>'GE]N'.
Ainsi vous m'abandonnez...
ADÉLAÏDE
Nou pas, tant qu'il restera quelque espoir : l'isolement est dangereux en pareilles circonstances. — Pauvre Wei^lingen, vous êtes découragé comme un amant trompé par sa première maîtresse! C'est pour cela même que je ne désespère pas de vous. Allons, donnez-moi la main, et pardonnez-moi ce qui ne m'est échappé que par amour pour voi's.
WEFSLINGEN.
Si tu pouvais m'aimer 1 si tu pouvais verser à ma pas=ion
brûlante une lîoutte de consolation Adélaïde, tes reproches
sont injustes! Si ta avais pu soupçonner la millième partie des combats que je me livre depuis si longtemps, lu ne te serais pas fait, je m assure, un plaisir barbare de retourner si impitoynblement dans ma plaie le fer de ton mépris et de ton indifférence!... Tn souris!... — Après le pas que tu m'as fait franchir, crois-tu que pour m'habituer à me retrouver seul avec moi-même il suffise d'un jour? Travail'ier à la i-iine
(54 GŒTZ DE BERLICIIINGEN.
d'nii homme dont l'image est toujours là, et pour lequel j'ai senti renaître en moi une nouvelle affeclion...
ADÉLAÏDE
Homme étrange, lu peux aimer celui dont tu es jaloux ^ C'est comme si j'allais porter des munitions à mon ennemi.
WEISLINGEN
Je. le sens bien, il n'y a plus à délibérer. 11 est averti que je suis redevenu Weislingen, et ne tardera pas à se prévaloir de ses avantages. Aussi je ne m'endors pas, comme vous le croyez, Adélaïde. Nos cavaliers ont reçu un renfort et se tiennent prêts; les négociations se poussent avec ardeur, et la diète d'Augsbourg verra, j'espère, éclater nos projets.
ADÉLAÏDE
Vous y allez?
WEISLINGEN
Si je pouvais y emporter un peu d'espoir?
Il lui haise la main.
ADÉLAÏDE
0 incrédule, il vous faut toujours des preuves, des miracles! Va, Weislingen, achève ton ouvrage. L'intérêt de lévêque, le lien, le mien, sont tellement les mêmes, que, fut-ce par politique...
WEISLINGEN
Tu railles peut-être?
ADÉLAÏDE
Je ne raille pas. Mes possessions sont entre les mains de
e duc orgueilleux. Gœtz ne manquera pas de tomber sur les
tiennes; et si nous ne restons pas unis, à l'exemple de nos
adversaires; si nous ne mettons pas l'empereur de notre côté,
nous sommes peidus.
WEISLINGEN
Je n'ai aucune inquiétude à cet égard. Nous avons pour nous la plus grande partie des princes, l/empereur a besoin de secours contre les Turcs, il est évident qu'il nous soutiendra. Quel bonheur ce sera pour njoi de pouvoir arracher tes biens lux mains avides de les eiuiemis, de faire rentrer dans le