‹ ThéâtreChapitre 60 sur 238 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

vous me servez, et si les princes servaient l'empereui comme je voudrais pouvoir le faire...

GFORGE.

Les choses iraient autremeiil qu'elles ne vont.

CŒTZ.

Pas tant qu'il te semble. N'ai-je pas connu parmi les princes d'excollciils lionnnes? et la race en sei ait-elle éiemte? Hommes parfailb! qui trouvaient leur bonheur en eux-mêmes Bt dans celui de leurs vassaux; qui souffraient un voisni noble et généreux sans en concevoir ni ombrage ni envie; dont le cœur s'ouvrait quand il> voyaient réunis à leur labié beaucoup de leurs égaux; qui n'avaient pas besoin pour vivre avec un chevalier d'en liiire un courtisai.

GEORGE

Avez-vous connu de tels seigneurs?

GŒTZ

Sans doute. Je me rappellerai toute ma vie la chasse que donna le landgrave de Hanau, et le festin auquel s'assirent en plein air les princes et les seigneurs qui en éi aient, et le concours de peuple qui se fit pour les voir mander. Ce n'était point une mascarade arrangée par lui-même jiour son divertissement; mais ces têtes rondes des jeunes gaiçons et des jeunes filles, toutes ces joues rouges desanlé,etces hommes de bonne mine, ces heaux vieillards, et la joie peinte >ur tous les visages! comme ils prenaient part à la gloire de ce bon maître, qui se réjouissait au milieu d'eux sur la terre de Dieu!

GEORGE

C'était là un seigneur parlait! comme vous.

GŒTZ

Ne devons-nous pas espérer d'en voir encore naître de semblables? de voir régner au sein des familles le respect pour l'empereur, la paix et l'amitié des voisins entre eux, l'amour des sujets pour leurs maîtres; précieux trésor que les neveux hériteront de leurs aïeux! Chacun garderait sou b en et chercherait (les ressources en lui-même, au lieu de croire, comme aujourd'hui, qu'on ne peut s'enrichir qu'en appauvrissant les autres.

CEOr.GE.

Mais alors ferions-nous la f^uerre?

GŒTZ

Plût au ciel qu'il n'y eût plus en Allemagne d'esprits turbulents ! il nous resterait encore assez d'ouvrage. Nous purgerions les monl.'ignes de loups, et pendant que notre voisin labourerait tranquillement son champ, nous irions lui clierclier un rôti dans la foi et; en retour de quoi il parlagerail sa soupe avec nous; ou, si cela ne nous suffisait |>as, nous ii ions, comme les chérubins armés d'épées flamboyantes, aux IVontières de TEmpire, et nous en chasserions ces loups de Turcs, ces renards de Français, défendre les Étals de 1 emperenr et maintenir la paix de l'Empire. Ce serait là une vie, George! d'exposer notre peau pour le bonheur de tous ! (George se lève

brusquement.) OlJ veuX-tU aller?

Ah! j'oubliais que nous sommes assiégés... Et c'est l'empereur qui nous assiège et ce n'est que pour sauver notre

peau que nous exposons notre peau !

GŒTZ

Allons, prends courage !

Entre Lerse.

LERSE

Liberté ! liberté ! ce ne sont pas des hommes; un tas d'ânes qui ne savent prendre leur parti. Vous pouvez vous retirer avec armes, chevaux et bagages, en laissant ici vos provisions.

GŒTZ

Ils ne se feront pas mal aux dents avec ce qu'il leur restera.

LERSE, bas à Gœlz.

Avez-vous caché l'argenterie?

GŒTZ

Non! Ma femme va avec Lerse; il a quelque chose à te dire

lia sortent tous.

A CI F m. iw

LA COUH DU CIIATEAD.

GEOUGE, »l;ius récurie, chante :

Ud enraiit prit un petit oiseau, llm ' hin !

liait en le mettant in c«&e; Uni! Iiml Oui ! niiii

Uni' lim!

11 en riait bi niai>cmcat,

Ilnn ! hni !

t le tint »i gauLlicnicnt, llm! Iini !

Oui ! oui!

Hm! hm!

Que l'oiseau ^''envoln sur le teil^

llm ! hm !

Et se moqua du m.ilaJroit.

Um! huit

Oui! oui!

Hm! hm!

GŒTZ

GEORGE lait sortir son cheval.

GŒTZ

Sh bien?

Us sont sellés.

Tu es alerte î

GEORGE

Comme l'oiseau qui sort de sa cage.

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