II
VALÉRIA
Je VOUS quitte.
NARCISSE, accablé.
Avoir tout préparé!...
Avoir souffert dix ans pour vous sous l'autre règne! Je renverse Agrippnie!... Il faut que je vous craigne! — Vous détournez les yeux... Quoi! ne puis-je obtenir, Madame, un seul regard, pas même un souvenir?
VALÉRIA
Gardez cette fortune ou bien ou mal gagnée, Vos trésors, dont cent fois Rome s'est indignée.
NARCISSE
Est-ce VOUS qui parlez? — vous, mère de celui Que j'élève à l'empire, ayant tout fait pour lui! Pardon; mais, voyez-vous, aux jours les plus moroses, Je n'aurais, moi, qui sais prévoir beaucoup de choses, Je n'aurais jamais cru qu'on me dirait à moi : Va-t'en! Britannicus n'a plus besoin de toi. Va-t'en! Et pour que Rome aujourd'hui me pardonne, Tombe!... A tes ennemis Valéria t'abandonne!
VALÉRIA
Si je vous abandonne, est-ce à vos ennemis, Narcisse? — Non, j'ai dû céder à mes amis!
NARCISSE
Vos amis? Corbulon, Plautius!... Ah! madame,
Ils pourront vous servir, mais non de cœur et d'âm.e!
Vous verrez!... Corbulon est un ambitieux :