‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 131 sur 300 · ACTE V · texte numérisé non relu

ACTE V

Toi, que les affligés nomment leur blanche étoile, Cache le pauvre enfant dans les plis de ton voile ; Partage avec celui que ton sein abrita Cet humble et pur froment des autels de Vesta. Moi, je ne pourrai plus, cendre au vent dispersée, Te rendre grâce à toi, que je tiens embrassée : Mais, quand tu passeras^ morne, courbant le front, Sur la bruyère en fleur où mes os dormiront. Quand tu viendras parmi ces arbres, noble femme. Sous l'ombre où va bientôt s'évanouir mon âme. Oh ! du fond de la terre où je n'oublierai pas, Morte, je baiserai la trace de tes pas! Du fond des bois charmants où la feuille se joue, Dans la brise qui passe en effleurant ta joue^ Je te dirai : Merci, toi que le ciel défend. Merci, bonne ^lia, mère de mon enfant!

^LIA, d'une voix pleine de larmes.

Déesse, étends sur nous cette main qui protège!

Elle se dirige lentement vers le pavillon. STLIUS, à Valéria.

Vous ne me parlez pas, à moi!

Que vous dirai-je?

Depuis qu'un jour mon cœur s'est ouvert à vos yeux. Seigneur, je n'ai plus rien à vous dire.

SILIUS

Grands dieux!

Dites-moi seulement que vous allez me suivre;

lyS VALÉRIA.

Acceptez un asile, et consentez à vivre !

VALÉRIA

Je n'accepte plus rien de vous.

SILIUS

Mais je vous dis Que c'est vous perdre, et perdre à la fois votre fils !

VALÉRIA

Mon fils est dans les bras de la grande vestale :

Il est sauvé! — Songez à vous! l'heure est fatale, —

Votre ami Cécina pourrait être inquiet...

Ce n'est point, à coup sûr, lui qui vous envoyait !

SILIUS, avec désespoir.

Votre mort va peser sur moi!... J'en rendrai compte!

VALÉRIA

Qu'est-ce donc que ma mort à côté de ma honte?

Mais si rien n'avait pu vous chasser de mon cœur, Mais si je vous aimais encor, toujours!...

VALÉRIA

Seigneur, Prenez garde! Ce mot souille qui le profane,: Vous n'avez pas d'amour pour une courtisane.

Adieu!

S'LIUS.

Moi! vous laisser mourir, mourir ainsi!

Non, Valéria! — Dût-on vous arracher d'ici. Oh! nous vous sauverons... de force. — ou. sur mon âme!

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