ACTE V
A Philarque.
Les chevaux!... rien sans moi!
Au Tibre.
Philarque et les deux Esclaves descendent l'escalier.
Pauvre femme' où s'est-elle égarée?...
Que je la sauve, au moins, l'ayant déshonorée! , Valéria !
VALÉRTA, le reconnaissant dans l'ombre.
Silius !
SILIUS, courant à elle.
Vous! — Enfin! je vous voi...
Merci! dieux bons! merci ! — Je vous cherchais.
VALÉRIA
Qui, moi?
Du temps qu'on vous nommait l'auguste impératrice, Par devoir je serais mort pour votre service, J'étais votre soldat : je vous avais prêté Serment d'obéissance et de fidélité.
Madame, je me suis souvenu, — tard, sans doute ! Pardonnez-moi! — J'accours sur vos pas; cette route Va nous conduire au bord du Tibre, où mes amis Feront, pour vous sauver, tout ce qu'ils m'ont promis. Nous avons un abri sûr, — mais fuyez bien vite, Madame! — Je vous dois la vie, et je m'acquitte...
^LIA
Oh!
SILIUS, à Valéria.
Tout vous abandonne, armée et généraux.
176 VALERIA
La lutte est impossible : à présent les bourreaux ! Fuyez I... Entendez-vous cette rumeur confuse?... Eh bien! vous hésitez, madame?
VALÉRIA
Je refuse.
SILIUS
Mais c'est chercher la mort !
VALÉRIA
Je n'y veux pas courir; Je l'attends. — J'ai choisi la place pour mourir!
^LIA, douloureusement.
Ma Valéria !
Elle tombe assise sur le banc.
Madame!...
VALÉRIA, se détournant de Silius.
iElia, cœur austère!
Tu planes au-dessus des fanges de la terre, Ne pleure pas. — Écoute, ô ma douce .^lia! O toi qui n'as jamais douté de Valéria : Quand je ne serai plus qu'une pensée amère, Aime Britannicus, qu'il retrouve sa mère!...
.■ELIA, sanglotant.
Oh!
VALÉRIA, penchée sur .^Zlia, qu'elle embrasse.
Ce reste sacré du sang impérial, Sauve-le des méchants qui m'ont fait tant de mal !