‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 135 sur 300 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les Mêmes, SILIUS.

Silius, qui remontait l'escalier du Tibre, s'arrête, frappé par les derniers mots de Narcisse, et se cache derrière une statue pour écouter.

VALÉRIA

Vous raillez !

NARCISSE

Chaste et pure, — et je le prouve à tous!

VALÉRIA, se levant.

Ainsi, vous prouveriez mon innocence, vous, Narcisse? — Prenez garde! Hélas! point d'ironie, If. 16

i82 VALERIA.

Se jouer d'une femme en proie à l'agonie, C'est d'un lâche! — Mais l'homme abandonné, maudit, Qui raillerait, disant ce que vous m'avez dit, — Oh! celui-là. les dieux n'auraient pas de supplice Assez cruel pour lui... Prenez garde, Narcisse!

NARCISSE

Hier, quand vous me chassiez, mes espions ont vu Pallas, qui s'évadait comme j'avais prévu. Ils l'ont suivi. — Bientôt Pallas, avec mystère, Revint, accompagnant une femme en litière.

VALÉRlA.

Agrippine ?

Attendez!... j'avais compris déjà.

Rentré par les jardins, Pallas se dirigea Vers l'endroit du palais que le couchant regarde; Licinius avait mis une forte garde Autour du pavillon où Claude était captif : Dans l'ombre, à quelques pas, je me glissai furtif. Mes gens n'étaient pas loin; — par une obscure allée, Pallas vint, conduisant cette femme voilée...

VALÉRIA

Ah!

NARCISSE

Tous deux, sans me voir, passèrent près de moi. (( Allons, disait Pallas, n'ayez aucun effroi ; u Encor cette démarche, et puio vous êtes libre : u On vous rendra Mnester et la maison du Tibre, (t Claude est là! Soulevez votre voile en montant, ^

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