‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 136 sur 300 · ACTE V. i · texte numérisé non relu

ACTE V. i

(( Ceux qui gardent la porte ouvriront à l'instant : <( Faites signe à César, rien qu'un signe, madame, — « 11 accourra vers vous. »

VALÉRIA

Grands dieux! mais cette femme?...

NARCISSE

Cette femme, écartant son voile, découvrit Son visage à la porte, et la porte s'ouvrit. Elle fit signe à Claude, il accourut vers elle.

VALÉRIA

Mais qui donc?...

Ma stupeur était profonde, et telle Que je n'avais plus même au cœur un battement. Car cette femme, — alors je vis distinctement Ses traits sous un rayon de lune... Oh ! j'en frissonne! C'était l'impératrice elle-même, en personne ; Valéria, c'était vous! — L'empereur lui cria : « Tu viens me délivrer!... merci, ma Valéria. » Pallas, en même temps, lui disait à l'oreille : « Merci! je suis content de vous, — c'est à merveille, « Lycisca. »

VALÉRIA

Lycisca! Dieux cléments!

siLius, à part.

Lycisca !

NARCISSE

Alors, madame, alors pour moi tout s'expliqua :

i84 VALÉRIA.

J'avais là, sous mes yeux, rinstrument de ruine Et le secret vivant de Pallas, d'Agrippine, — Celle qui chez Mnester passait pour Valéria,' Celle qui vous perdit, et qui vous sauvera!

VALÉRIA

O mon fils !

SILIUS, de l'endroit où il est caché.

Mon amour!

NARCISSE

Sous le feuillage sombre Tous trois disparaissaient: je fonds sureux dans l'ombre. Pallas épouvanté fuit, — je l'aurai bientôt. J'ai Claude et Lycisca, c'est tout ce qu'il me faut. Claude, — c'est la puissance entre mes mains, terrible : Lycisca, — c'est le mot de cette énigme horrible. Ainsi, vous le voyez, j'ai joué de bonheur : Je tiens votre existence, et je tiens votre honneur.

SILIUS, s'élançant près de Valéria.

Pardonnez-moi!

VALÉRIA, à Silius.

Vois-tu?

NARCISSE, à part.

Toujours lui!

SILIUS, à Valéria.

Oh! pardonne!

Allant à Narcisse, à demi-voix.

Ma vie, elle est à vous, — prenez! Je vous la donne

Pour ce que vous venez de m'apprendre, — à l'instant.

Si vous voulez.

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