‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 142 sur 300 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

Les xMèmes, AGRIPPINE, puis DOiMITIUS.

AGRIPPINE

Un centurion, c'est une épée! Elle tue, Et se tait ! '

VALÉRIA

Bien! — Un jour, rappelez-vous ce mot, — Lorsque vous régnerez, madame!

AGRIPPINE

Allons! il faut Mourir...' César le veut. Les armes, le supplice, La main qui frappera... Vite, qu'elle choisisse!

VALÉRIA

Dieux qui m'avez donné l'âme, dieux de Téther 1

Dieux Mânes que je vais rejoindre, dieux d'enfer!

Vous qui soufflez au crime une terreur glaçante,

Je vous prends à témoin que je meurs innocente!...

Je choisis.

Elle va vers Silius, dont la main droite tient un poignard. Elle passe un bras autour du cou de Silius et saisit la main armée, qu'elle soulève jusqu'à son cœur. — Le poignard s'enfonce dans sa poitrine; elle le retire, baise la main de Silius, qui a détourné les yeux ; et lui tendant le poignard, souriante :

A toi!

SILIUS

Non! par même ce bonheur!...

Jusqu'au dernier instant, gardien de votre honneur, Je veux dire au bourreau, fût-ce dans la torture.

Page 1