‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 17 sur 300 · PALLAS, NARCISSE · texte numérisé non relu

PALLAS, NARCISSE

PALLAS

A coup sûr, Vous trouvez que la femme est un maître bien dur, Narcisse?

NARCISSE

Est-ce pour moi que vous parlez?

Peut-être.

Tout à l'heure Agrippine...

NARCISSE

Elle n'est pas mon maître.

PALLAS

Elle a dû vous blesser?

NARCISSE

Au contraire. D'ailleurs Vous m'auriez défendu.

PALLAS, avec impatience.

Toujours des mots railleurs!

NARCISSE

Railleurs? — Et pourquoi donc? Tous deux, pauvres esclaves, Nous portions la tunique avant nos laticlaves. Vous avez de l'esprit, — j'en ai : nous nous valons.

PALLAS

Encor !

26 VALÉRIA

NARCISSE

Ce nom vous choque? Esclave ! —Allons, allons, Si vous fûtes vendu, vous n'êtes plus à vendre. Cela n'empêche pas qu'on soit le fils d'Évandre. Le généalogiste, instruit par vos écus, Vous eût fait aussi bien descendre d'Inachus. Mais enfin, vous avez — Rome parfois clabaude — Servi chez Antonia, mère de César Claude; Moi, j'étais chez sa femme ^lia, — c'est trop clair!. . Ensemble nous avons été fouettés, mon cher.

P ALLAS

Vraiment...

NARCISSE

Nous sommes seuls, vous n'avez rien à craindre.

PALLAS

Mais que vous ai-je fait?

NARCISSE

J'aurais tort de me plaindre.

Vous ne m'aimez pas? Moi, je vous hais!...

PALLAS

Bien, j'entends.

NARCISSE

Vous m'avez envoyé dix-sept fois en huit ans Vos meurtriers.

PALLAS

Vous, dix-neuf fois.

N.\RCISSE.

Le compte est juste.

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