SCÈNE IV
POITEVIN, RAOUL, dans un coin du théâtre, à droite; RICHEMONT, LE GRAND PRÉVÔT, DAULON, LE BATARD DE BOURBON et son cortège, hommes d'armes, etc.; puis LE FRÈRE ADELBART.
RICHEMONT, du haut des marches, au condamné. Monseigneur, vous mourrez au lever du soleil.
LE BATARD DE BOURBON, avec une sombre énergie. La Féodalité ne mourra pas, j'espère!... Je compte sur le fils pour me venger du père.
Se tournant vers le Conseil.
Moi, Bâtard de Bourbon, je vous maudis!
RICHEMONT
Adieu !
Réconciliez-vous, monseigneur, avec Dieu :
Il nous reste à fixer le genre de supplice. — Qu'on prévienne le moine.
Entre Adelbart sortant de chez la Dauphine.
DAULON , apercevant le moine.
Adelbart! C'est justice!...
Lui qui t'accompagna sur le vil tombereau, Noble fille! il escorte aujourd'hui ton bourreau!
RAOUL, à part.
Ce moine 1... Dieu!...
Il fait quelques pas eu avant.
POITEVIN, le retenant avec prière.
Raoul 1...
Le connétable fait un signe, et le cortège, qui s'était arrêté quelques instants, reprend sa marche et se dirige vers le donjon; Daulon s'est approché d' Adelbart : ils se serrent la main.
ADELBART , à Daulon, à demi-voix.
C'est demain que la tombe
Parlera, — si le fils rebelle enfin ne tombe
Aux genoux paternels!... — Voici le parchemin
Que Jeanne m'a remis, tout scellé de sa main.
DAULON
Qu'est-ce donc?
ADELBART.
Dieu le sait.
DAULON
Un châtiment?
ADELBART.
Peut-être.
Le frère Adelbart se mêle au cortège, qui entre processionnellement dans