‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 192 sur 300 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DAULON, RAOUL, POITEVIN, la sentinelle.

POITEVIN

Daulon !

Daulon tourne la tête et aperçoit Raoul.

DAULON

Raoul!...

Il court vers Raoul et l'embrasse avec effusion.

RAOUL ^ d'une voix pleine de sanglots.

AmiL..

DAULON

Ton père... Je veux l'être.

Indiquant le donjon.

Vois, d'Harcourt est vengé!

RAOUL

Qui le venge?... c'est vous!..

Et moi, je n'ai rien fait!... Vous me rendez jaloux.

J'ai tenu mon serment.

RAOUL

Ma vengeance est trompée !

DAULON

L'assassin va mourir.

RAOUL , impétueusement.

Qu'on lui donne une épée !

Une hache !... et qu'il vienne !...Un combat hasardeux!. . Qu'on nous mette en champ clos, face à face, tous deux. Je voudrais, le foulant aux pieds, dire à l'infâme : Assassin d'un vieillard, le bourreau te réclame!... Mais je te garde, moi I... Sous mon genou vainqueur Je te tiens!... C'est Raoul qui te perce le cœur! — Tu ne me connais pas?... Eh bien! je te rappelle Lusignan!... Une femme, un moine, une chapelle!

DAULON

C'est le plus glorieux^ ami, de tes combats.

POITEVIN, qui depuis quelque temps a suivi des yeux tous les mouvements du sire de Tillay. lequel passe et repasse au fond du théâtre et s'entretient avec le nouveau factionnaire qu'on vient de placer devant le donjon :

Pas un mot de ceci, Daulon !... Voyez là-bas.

DAULON

Le sire de Tillay ?

POITEVIN

Lui-même. Je vous prie, Venez me retrouver dans cette galerie, — Chez la Dauphine.

DAULON

Bien.

POITEVIN

Silence, en attendant !

Cet homme est dangereux... Raou], soyez prudent.

Il entre chez la Dauphine; de Tillay a disparu.

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