‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 198 sur 300 · RAOUL, LE DAUPHIN, OLIVIER · texte numérisé non relu

RAOUL, LE DAUPHIN, OLIVIER

Tandis que Raoul, qui vient de s'asseoir sur le banc de pierre, est abîmé dans une sorte d'extase muette, Olivier escalade avec précaution le parapet crénelé. Il regarde de toutes parts avec une attention pleine d'inquiétude, puis il fait signe à quelqu'un de le suivre : c'est le Dauphin.

LE DAUPHIN, dont on ne voit encore que la tête et la poitrine, lui montrant Raoul, à demi-voix :

Compagnon,

Regarde. Connais-tu cet archer?

OLIVIER

Ma foi, non.

LE DAUPHIN

Encor faut-il savoir, avant que je l'accoste, Si l'on peut se fier à lui.

OLIVIER

Prenez son poste...

Rien que ces quatre mots : Camarade, à mon tour! Il comprendra.

Ils sont tous deux au fond du théâtre, à droite.

Ce moine est encor dans la tour?

OLIVIER

Encor.

LE DAUPHIN

Que Notre-Dame au danger le dérobe.

Le saint homme!... Je veux qu'il nous prête sa robe : C'est pour le prisonnier.

OLIVIER

S'il résiste, pourtant?

LE DAUPHIN

Garrottez-le.

OLIVIER

S'il crie?...

LE DAUPHIN

Ah! tu m'en diras tant!...

J'ai promis! on ne peut manquer à sa promesse. — Ce bon moine, s'il meurt, je lui fonde une messe. OLIVIER, la main sur son poignard.

Ainsi?...

Dur sacrifice! un chrétien le subit.

Après tout, ce qui fait le moine, c'est l'habit... Dépouille le bon père, et ne frappe qu'ensuite, A regret, — - s'il le faut, — pour assurer la fuite...

OLIVIER

C'est dit.

LE DAUPHIN

Je prends mon poste. — Et toi, l'oreille au guet. Attends mon signal...

OLIVIER

Bien.

LE DAUPHIN

Et monte avec Franquet.

Olivier escalade de nouveau le parapet crénelé; le Dauphin s'avance avec précaution à quelque di-tance de Raoul, toujours immobile et rêveur.

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