‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 258 sur 300 · ACTE IV · texte numérisé non relu

ACTE IV

LE ROI

Eh bien !

Monsieur de Cliâtillon, lui, n'a pas fait le sien : Ces brigands féodaux, il les protège, — ou tarde .A les punir. Soyez commandant de ma garde.

HAOUL.

Moi?

LE ROL

Vous le remplacez.

RAOUL

Sire, un pareil honneur!...

LE ROL

Je vous aime, Raoul! j'éprouve du bonheur

A vous voir. . . Qu'est-ce donc ?. . . Votre accent me péîiètre.

Je vous aimais, je crois, avant de vous connaître!

C'est étrange... Mais non... Raoul : tant de valeur!

Vous, si jeune, éprouvé déjà par le malheur!. .

Votre père adoptif, d'Harcourt, âme loyale,

Venait d'être égorgé pour la cause royale!

Puis, c'est votre courage, enfin, qui m'a rendu

Ce noble serviteur que je croyais perdu,

Jean Daulon... Je vous dois, Raoul, plus qu'à personne :

Sans vous, je n'aurais plus de fille!

RAOUL, à part.

Je frissonne...

Malheureux! il fallait mourir en la sauvant.

LE ROI

Quand la guerre vous eut éloigné, — bien souvent

Curieux, inquiet de tout ce qui vous touche, J'interrogeais Daulon. Mais c'est de votre bouche Que je veux tout savoir... Ne me refusez pas : Contez-moi votre enfance?

RAOUL

Elle est bien sombre, hélas!

C'est comme un souvenir lugubre, comme un songe Où ma pensée encore avec effroi se plonge.

Vous n'avez eu jamais de famille?

RAOUL

Hélas! non.

Où suis-je né?... Quel est mon sang? Quel est mon nom? Je l'ignore... Une image est pourtant là, fidèle : Je me vois, tout enfant, dans une citadelle. Dans un vieux château fort.

LE ROL

Vous, Raoul?...

RAOUL

Seul, toujours; Suivant l'ombre croissante au pied des larges tours. Triste, le cœur gonflé d'amertume et de larmes. N'entendant que le bruit des clairons et des armes. Tandis qu'un sombre archer, silencieux témoin, Semblait ne pas me voir et m'escortait de loin.

LE ROI

Oh! quel mystère!...

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