‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 265 sur 300 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

LE DAUPHIN, seul.

Un frère! Est-il bien mort?... S'il allait revenir!... C'est que... je n'aime pas les spectres!...

Avec terreur.

Quelle idée!

Pourquoi soudain mon âme en est-elle obsédée? Si c'était le fantôme invisible, l'effroi Qui se place toujours entre mon père et moi?... L'astrologue m'a dit ce soir encore : « Achève! Tu marches aujourd'hui sur le tranchant du glaive. Ne laisse pas grandir le péril ; que ta main Frappe le coup, ce soir, — il n'est plus temps demain! » Je frapperai. — Malheur à qui me fait ombrage, A tout ce qui me gêne et barre mon passage! Ne pas être pour moi, c'est être contre moi. Brézé, Daulon, vous tous, les bons amis du Roi, Je vous empêcherai de me nuire!... Et toi-même. Qui t'avises d'aimer la Dauphine, et qu'elle aime, Raoul, astre nouveau, que je hais par instinct !...

D'un accent terrible.

Pardieu !... quand la lumière est trop vive, on l'éteint! — Comme c'est moi qui tiens les dés, je me hasarde : Châtillon me promet cent archers de la garde ; Ce brave gouverneur, monsieur de Beuil, autant; Plus, les clefs du rempart. Chabanne est mécontent : Je l'aurai. — Tout me sert!... Et, pour jouer son rôle,

Si la Trémouille accourt, fidèle à sa parole; S'il nous prête main-forte au signal du beffroi, Cette nuit je triomphe!... et demain je suis roi!

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