ACTE I
NARCISSE
Lui-même.
VALÉRIA
C'est justice. — On l'accuse, — de quoi?
NARCISSE , bas à Pallas.
Allons !
PALLAS
Soitl
Il fait un signe à Vitellius.
NARCISSE, à Valéria.
C'est Pallas qui l'accuse, je croi.
De choses graves.
VALÉRIA
Bien ! Voyons ces choses graves.
NARCISSE, à part.
Aucune émotion ; mais les femmes sont braves. Patience!
VITELLIUS
César, par les dieux immortels!
Je jure devant vous, la main sur les autels, Je jure que j'ai vu, dans l'ombre d'un portique, Chez l'accusé, tout près du foyer domestique, Deux bustes défendus qu'honore Silius.
Au bas j'ai lu ces noms : Brutus et Cassius!
Mouvement.
CLAUDE, à Silius.
Ces bustes sont chez vous?
SILIUS
Ce que vous dit cet homme, 11. i)
5o VALERIA.
Il ne peut le savoir que par les bruits de Rome. Les honnêtes gens seuls ont chez moi pénétré : Vitellius chez moi n'est donc jamais entré.
Bien ! bien !
PALLAS, à SiiiUS.
N'insultez pas 1 l'injure est inutile.
CLAUDE
La loi Fabricia, claire dans son vieux style, Titre quatorze — article onze, douze et plus loin — Punit tout accusé qui trouble le témoin. Répondez oui ou non, sans autre préambule : Avez-vous, comme on dit, sous votre vestibule, Ces deux lâches bourreaux de César, — accusé ?
SILIUS
Vitellius est bien instruit, — oui, je les ai.
VALÉRIA
Il n'a pas menti I
PALLAS, à Claude, en regardant Valéria.
C'est un crime, je suppose ?
CLAUDE
Néanmoins je permets qu'il défende sa cause.
SILIUS, à Claude.
Merci ; mais c'est l'usage à Rome... vous savez?
VITELLIUS
Dans la Rome que vous et les vôtres rêvez!
SILIUS
Qui VOUS parle? veut-on vous marchander la somme ?