ACTE I. 5i
Ramassez votre argent, et silence, honnête homme !
VALÉRIA, à part.
Qu'il est fier! qu'il est beau !
CLAUDE
Quoi ! par un attentat, Voudriez-vous changer la forme de l'État?
SILIUS
Je préfère ne plus répondre... Mon envie, César, n'est pourtant pas de défendre ma vie ; Mais un homme de cœur ne saurait, sans remord, S'abandonner lui-même et courir à la mort. Un mot de plus, Pallas prouve que je conspire... Ce mot-là, j'aime autant, César, ne pas le dire.
PALLAS
Se taire est un aveu !
CLAUDE
Oui, le proverbe est là.
D'ailleurs, si vous aimez les bustes, me voilà. Mais Brutus, Cassius, double peste publique... La Rome d'aujourd'hui n'est plus en répubhque!
PALLAS
Tout est prouvé.
VALÉRTA, à Narcisse.
Pourquoi Pallas s'acharne-t-il A faire condamner ce jeune homme à l'exil?
NARCISSE
Dites un mot, madame, et je prends sa défense.
VALÉRIA
VALERIA
Non... Que m'importe à moi? Je cherche quelle offense Oblige ainsi Pallas à le persécuter.
NARCISSE
Son crime !
CLAUDE
Valéria, voulez-vous répéter?
VALÉRIA
Oh ! rien... Je désirais savoir si les deux bustes Sont en marbre.
CLAUDE
Sachons cela pour être justes.
A Silius.
Vous entendez?
SILIUS
Madame, ils sont en bronze.
VALÉRIA
Bien.
Et fondus par?...
SILIUS
Thersys.
Ah ! le Corinthien ?
Deux bustes merveilleux, dignes de l'âge antique 1 Je les connais; ils sont chez moi, sous mon portique.
CLAUDE
Comment! vous les avez ?
NARCISSE, à part.
Valéria le défend !