‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 51 sur 300 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

SILIUS

C'est beaucoup.

CÉCINA

Oui; mais si comme moi tu connaissais, profane, Lycisca, l'enivrante et folle courtisane. Celle qu'on voit, et puis qu'on ne voit plus soudain ; Parfum qui passe, — éclair qui passe, — écho badin ; — Si tu la connaissais, tu dirais, moins rebelle : Comme c'est peu douze ans d'amour, elle est si belle!

SILIUS

Ainsi tu n'as pas VU Valéria?

CÉCINA

Non, ma foi!

SILIUS

Tu seras plus heureux à Rome.

CÉCINA

Je le croi !

Elle est belle 1

CÉCINA

Tant mieux! je l'aime à la folie.

Avec elle d'abord je te réconcilie.

SILIUS, souriant.

Bien ; te voilà César.

CÉCINA

Je veux avoir mon tour.

SILIUS

Tremble ! Asiaticus est mort de cet amour !

74 VALERIA

CÉCINA

Vive une telle mort! on en connaît de pires.

Si tu crois m'effrayer par ce nom, tu m'attires.

Il est mort bien heureux, cet Asiaticus!

Mort dans ces frais jardins plantés par Lucullus,

En disant : « Écartez mon bûcher de ces marbres ;

Prenez garde ! la flamme irait ternir mes arbres. »

Il est mort, sûr d'avoir un soupir, c'est bien beau !

Léguant à Valéria les jardins son tombeau !

Asiaticus 1 nom qui m'assiège sans trêve...

Vois-tu, c'est mon héros, c'est mon type, — J'en rêve!

Tête de feu! cœur d'or. C'est bien toi!... Par bonheur, Tu ne plaisantes point dès qu'il s'agit d'honneur.

CÉCINA

De l'honneur d'un ami surtout.

SILIUS

J'en ai la preuve.

CÉCINA

Tu peux, quand tu voudras, me remettre à l'épreuve.

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