‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 85 sur 300 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

NARCISSE

L'orgueil, beau sentiment, toujours mal conseilla... Mnester est du voyage ; il vous suit à Baïa.

VALÉRIA

Quoi î pour l'impératrice un bouffon vous effraye ? Il danse, et divertit mon fils, — et je le paye.

NARCISSE

Est-ce que ce départ, enfin, ne comble pas

Et les vœux d'Agrippine et les vœux de Pallas?

VALÉRTA.

Ah! leurs vœux et les miens s'accordent? Quel prodige! C'est la première fois.

Ils s'accordent, vous dis-je ; Et si vos ennemis sont d'accord avec vous. Je sais pourquoi.

VALÉRIA

Voyons.

NARCISSE

Ils savent comme nous Qu'après avoir quitté Silius, dont la fuite N'aurait pu fort longtemps éviter ma poursuite, Vous l'avez fait nommer par César — commandant De la flotte à Misène. — Or, il est évident Que pour Britannicus Rome n'est pas moins saine Que Baïa, — seulement Baïa touche à Misène.

VALÉRTA.

Eh bien?

ii8 VALÉRIA.

NARCISSE

Eh bien ! madame, ils espèrent tous deux Que, pour voir Silius, votre amour hasardeux Leur rendra, cette fois, de quelque autre manière, Tout ce qu'ils ont perdu la semaine dernière. — Vous ne répondez pas, miadame?

VALÉRIA

Je n'ai rien A répondre. Je vais où je veux,

NARCISSE

Bien! très-bien!

Ainsi, vous avouez tout haut, sans artifice, Le dessein de revoir Silius ?

Oui, Narcisse.

NARCISSE

Et qui sait?... de chercher un refuge à son bord, De secouer le joug qui vous pèse, d'abord, — De vous proclamer libre, et d'essayer, peut-être, Une Rome nouvelle avec un nouveau maître ; Une guerre civile, enfin !... Car Silius A pour amis Galba, Corbulon, Plautius.

VALÉRIA

Lorsque j'en serai là, c'est moi que tout regarde. Vous le saurez alors.

NARCISSE

Madame! prenez garde.

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