‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 122 sur 211 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Du Caucase au Danube et du Suève au Germain, Dans leurs noires forêts, sur leurs montagnes chauves, Je subjugue ou détruis toutes ces races fauves!... Puis, ayant balayé le Nord, avant cinq ans Je reviens par la Gaule aux rivages toscans. — Mais, pendant cette longue et dernière campagne, Qui donc va contenir et l'Afrique et l'Espagne? Toi! Qui va gouverner du Tibre jusqu'au Rhin? Toi, Brutus, toi, le vrai, l'unique souverain! César, ne craignant plus les discordes civiles, Sera ton conquérant et ton preneur de villes !

BRUTUS

César, tu m'éblouis; ton langage vainqueur Fait que la volonté chancelle dans mon cœur !... Mais, loin de tes clartés, souffre au moins que je sonde Ce ténébreux chaos dont tu veux faire un monde, Et que sur les penseurs mon œil longtemps fixé Éclaire mon esprit au flambeau du passé.

CÉSAR

Consulte donc, Brutus, leurs cendres endormies; Mais, sans prêter l'oreille à des voix ennemies,

Lui mettant la main sur l'épaule.

Interroge ton cœur : c'est le bon conseiller!... Celui-là, j'en suis sûr, ne veut pas nous brouiller.

Il lui donne la main.

BRUTUS

Adieu.

202 LE TESTAMENT DE CÉSAR. -i

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